La pisciculture est-elle meilleure que la pêche sauvage ?
La pisciculture n'est pas meilleure que la pêche sauvage sur le plan éthique ou environnemental ; elle déplace les problèmes sans les résoudre, et les alternatives végétales sont les seules options cohérentes.
Mis à jour · 17 septembre 2026

Réponse rapide
Non, la pisciculture n'est pas meilleure que la pêche sauvage. Elle réduit localement la pression sur certains stocks, mais génère des souffrances massives, des pollutions et dépend des poissons sauvages pour l'alimentation. Ni l'une ni l'autre n'est durable ni compassionnelle ; les protéines végétales sont préférables.
À retenir
- La pêche sauvage a capturé environ 92 millions de tonnes en 2019, avec près de 10 % de prises accessoires.
- La pisciculture utilise encore 12 à 20 millions de tonnes de poissons sauvages par an pour les farines et huiles.
- 34 % des stocks mondiaux de poissons sauvages sont surexploités selon la FAO.
- En pisciculture intensive, la mortalité peut dépasser 20 % avant l'abattage.
- Le saumon d'élevage émet environ 5 kg CO2e/kg, contre moins d'1 kg pour les lentilles.
- Les labels MSC et ASC ne couvrent pas le bien-être animal ni tous les impacts globaux.
Face à la surpêche et à l'épuisement des océans, la pisciculture apparaît souvent comme une solution durable. Mais est-elle vraiment meilleure pour les animaux, pour les écosystèmes et pour le climat ? Cette question mérite une analyse nuancée des faits et des pratiques actuelles.
La réponse est claire : non, la pisciculture n'est pas meilleure que la pêche sauvage sur le plan éthique ni environnemental. Bien qu'elle puisse réduire localement la pression sur certains stocks sauvages, elle engendre des souffrances animales massives, des pollutions locales et une dépendance paradoxale aux poissons sauvages pour nourrir les poissons d'élevage. Sur le plan climatique, l'élevage de saumon émet environ 5 kg de CO2 équivalent par kg, comparable au poulet, tandis que les protéines végétales émettent moins d'1 kg.
Ce guide examine les données scientifiques, les pratiques concrètes et les compromis de chaque système. Vous découvrirez pourquoi les labels de durabilité ne suffisent pas et comment faire des choix alimentaires plus cohérents avec la protection des océans et le bien-être animal.
The short answer
La pisciculture n'est pas meilleure que la pêche sauvage sur le plan éthique ni environnemental. Elle déplace les problèmes plutôt qu'elle ne les résout : elle réduit localement la pression sur certains stocks sauvages, mais elle engendre des souffrances animales massives, des pollutions locales et une dépendance paradoxale aux poissons sauvages capturés pour nourrir les poissons d'élevage. En pratique, ni l'une ni l'autre ne constitue une option durable ou compassionnelle ; les alternatives végétales s'imposent comme la seule voie cohérente.
The evidence
L'impact sur les océans et la biodiversité
La pêche sauvage mondiale a capturé environ 92 millions de tonnes en 2019 selon la FAO, malgré les quotas et les réglementations. Les prises accessoires, soit les animaux non ciblés et souvent morts rejetés à la mer, représentent environ 9,1 millions de tonnes, soit près de 10 % des captures. Cette mortalité affecte des espèces menacées comme les dauphins, les tortues et les oiseaux marins, ainsi que des poissons juvéniles. La surpêche touche plus de 34 % des stocks mondiaux, un chiffre stable depuis une décennie malgré les promesses de durabilité.
La pisciculture, de son côté, ne dépend pas entièrement de l'élevage : elle utilise encore 12 à 20 millions de tonnes de poissons sauvages par an pour produire des farines et huiles de poisson, selon des études récentes. Les poissons d'élevage carnivores comme le saumon en consomment plus qu'ils n'en produisent en masse, ce qui aggrave la pression sur les stocks sauvages. De plus, les échappées de fermes aquacoles peuvent se croiser avec les populations sauvages et altérer leur génétique, comme cela a été documenté pour le saumon en Norvège et en Écosse.
Saumons entassés dans une cage d'élevage avec eau trouble.
Le bien-être animal en pisciculture
Les poissons ne sont pas des plantes : ils possèdent des systèmes nerveux complexes, ressentent la douleur et le stress. En pisciculture intensive, les densités atteignent des centaines de milliers d'individus par bassin ou filet. Les conditions provoquent des blessures, des déformations et des maladies, avec un taux de mortalité pouvant dépasser 20 % avant l'abattage dans certaines exploitations. L'abattage se fait souvent par asphyxie, par hypothermie ou dans des bains de glace, des méthodes qui peuvent être lentes et douloureuses, malgré des alternatives électriques ou gazeuses promues par des agences comme l'EFSA.
En comparaison, les poissons sauvages vivent et meurent dans un environnement naturel, même si la pêche les expose à la capture, à la suffocation ou à la décompression. Certains pêches utilisent des techniques plus sélectives, mais la souffrance reste inhérente à la capture en grande quantité. Le nombre total de poissons tués chaque année est vertigineux : on estime que des centaines de milliards d'individus sont capturés ou élevés, un chiffre qui dépasse de loin toutes les autres catégories d'animaux d'élevage.
L'empreinte climatique et les pollutions
L'élevage de saumon émet environ 5 kg de CO2 équivalent par kg de poids vif, comparable au poulet, selon plusieurs analyses de cycle de vie. En revanche, les poissons blancs sauvages comme la morue ont une empreinte plus faible, environ 3 à 4 kg CO2e/kg, tandis que les poissons pélagiques comme les sardines sont encore plus bas. Mais les protéines végétales, comme les lentilles ou les pois, émettent moins d'1 kg CO2e/kg, un écart significatif.
La pisciculture génère aussi des rejets de nutriments (azote et phosphore) qui peuvent perturber les écosystèmes locaux, même si les systèmes en circuit fermé progressent en Europe. L'utilisation d'antibiotiques et de produits chimiques dans les fermes aquacoles, surtout en Asie, contribue à la résistance antimicrobienne et à la pollution des eaux. De plus, l'expansion de l'aquaculture côtière entraîne souvent la destruction de mangroves et d'habitats marins essentiels, comme on l'a observé en Asie du Sud-Est.
The bigger picture: comparison of impacts
Pour comprendre si la pisciculture est meilleure que la pêche sauvage, il faut comparer plusieurs dimensions : bien-être, biodiversité, climat et pollution. Le tableau suivant synthétise les différences clés, en s'appuyant sur les données de la FAO (2022) et de l'IPBES (2019).
| Dimension | Pêche sauvage | Pisciculture | Végétal (lentilles, pois) |
|---|---|---|---|
| Bien-être animal | Capture traumatique, mortalités massives | Densités élevées, blessures, maladies, abattage parfois douloureux | Aucune souffrance animale directe |
| Biodiversité | Surpêche de 34 % des stocks, prises accessoires | Dépendance aux farines de poisson sauvages, évasions génétiques | Faible impact direct |
| Climat (kg CO2e/kg) | 3-4 (morue), 2-3 (sardines) | 5 (saumon), mais très variable | Moins de 1 |
| Pollution | Déchets organiques localisés | Nutriments, antibiotiques, produits chimiques | Engrais et pesticides selon culture |
"Bottom line : Aucun système de production de poisson ne sort gagnant sur l'ensemble des critères ; les alternatives végétales offrent un bien-être et un climat nettement supérieurs." — Analyse KindEco, 2025.
How it works in practice
Les pratiques de la pêche sauvage moderne
La pêche industrielle utilise des chaluts de fond, des filets dérivants et des techniques de pêche à la senne coulissante. Ces méthodes sont peu sélectives : par exemple, la pêche au chalut peut capturer des tonnes de juvéniles non désirés, rejetés morts ou mourants. Des technologies comme les dispositifs d'exclusion de tortues ou les hameçons circulaires réduisent certaines prises accessoires, mais elles ne sont pas systématiquement appliquées dans le monde.
Les systèmes d'élevage aquacole
Les fermes aquacoles se déclinent en trois types principaux :
- En eau ouverte : cages flottantes (saumon, bar), où les rejets vont directement dans le milieu naturel.
- Semi-ouverte : étangs et bassins en terre, courants en Asie pour la carpe et le tilapia, avec des échanges limités avec l'environnement.
- En circuit fermé (RAS) : systèmes en recirculation, qui filtrent l'eau et réduisent les évasions, mais consomment beaucoup d'énergie.
En Europe, la part de RAS reste faible, environ 5 % de la production salmonicole en 2020 selon la FAO. Ces systèmes innovants pourraient améliorer certains impacts, mais ils ne résolvent pas la souffrance animale ni la dépendance aux farines de poisson.
Les labels et certifications : comment s'y retrouver ?
- MSC (Marine Stewardship Council) : certifie la durabilité des stocks sauvages, mais ne couvre pas le bien-être animal.
- ASC (Aquaculture Stewardship Council) : encadre certaines pratiques d'élevage, mais autorise encore des densités élevées et des conditions contestées.
- Bio européen : impose des limites de densité et des aliments sans OGM, mais ne garantit pas une absence totale de souffrance.
⚠️ Ces labels peuvent donner une illusion de durabilité. En pratique, ils ne couvrent pas les impacts globaux comme la dépendance aux poissons sauvages pour l'alimentation.
Common counter-arguments
« La pisciculture nourrit les pays en développement et crée des emplois »
Il est vrai que l'aquaculture représente environ 50 % du poisson consommé mondialement et fournit des emplois dans des régions côtières. Cependant, une grande partie de cette production est destinée à l'exportation ou aux marchés urbains riches, et non à l'alimentation locale. Les farines de poisson utilisées pour les élevages peuvent détourner de la nourriture des populations qui dépendent du poisson sauvage.
« Les poissons sauvages sont plus sains et plus éthiques à pêcher »
La pêche sauvage peut produire des poissons riches en oméga-3, mais elle contribue à la surpêche et aux captures accidentelles. Les certifications comme le label MSC sont utiles, mais elles ne garantissent pas une absence totale d'impact, et la souffrance lors de la capture reste un problème.
« Les élevages en circuit fermé sont une solution d'avenir »
Ces systèmes, appelés recirculation aquacole, réduisent les évasions et les pollutions. Cependant, ils consomment beaucoup d'énergie et restent minoritaires ; en 2020, la majorité des fermes aquacoles mondiales utilisaient des systèmes en eau ouverte ou semi-ouverte, selon la FAO. De plus, ils ne changent rien aux problèmes de bien-être animal : les poissons restent élevés à des densités élevées et abattus selon des méthodes qui, dans de nombreux cas, ne respectent pas leur capacité à souffrir.
« Les poissons ne ressentent pas la douleur »
Cette idée est de plus en plus contredite par la science. Des études neurobiologiques, comme celles de l'EFSA (2019), montrent que les poissons possèdent des nocicepteurs et des réactions comportementales à la douleur. Ils peuvent apprendre à éviter des stimuli nocifs, ce qui suggère une conscience de la douleur. Certes, le débat est nuancé, mais le principe de précaution devrait nous pousser à éviter de leur infliger des souffrances évitables.
Costs and trade-offs
Coûts économiques et environnementaux cachés
La pisciculture intensive requiert des intrants élevés : farine de poisson, huile de poisson, énergie pour les systèmes de pompage et de filtration. En 2020, le ratio de conversion des protéines (FIFO) montrait que pour produire 1 kg de saumon, il fallait environ 1,2 kg de poissons sauvages selon des analyses de l'université d'Uppsala. Ce ratio peut atteindre 4:1 pour certaines espèces, ce qui signifie que l'aquaculture peut parfois aggraver la pression sur les stocks sauvages.
Impacts sociaux
Les communautés côtières dépendantes de la pêche artisanale voient souvent leurs ressources décliner à cause de la concurrence avec les fermes industrielles et de la surpêche. En Asie du Sud-Est, la conversion de mangroves en bassins de crevettes a réduit la protection côtière contre les tempêtes et les moyens de subsistance locaux. Bien que l'aquaculture crée des emplois, ceux-ci sont souvent précaires et peu rémunérés.
"Key stat : La production aquacole mondiale a atteint 87,5 millions de tonnes en 2020, dépassant la pêche sauvage, mais elle reste dépendante de la capture de poissons sauvages pour nourrir les espèces carnivores (FAO, 2022)."
What you can do next
Changer ses habitudes alimentaires
- Remplacez le poisson par des légumineuses (lentilles, pois chiches) riches en protéines et en oméga-3 d'origine végétale (graines de lin, noix).
- Explorez les substituts de poisson à base de plantes, de plus en plus disponibles en supermarchés.
- Si vous consommez du poisson, privilégiez des options à faible impact comme les sardines, mais réduisez la fréquence.
Soutenir une pêche et une aquaculture plus responsables
- Informez-vous sur les labels et leurs limites.
- Soutenez les organisations qui militent pour une meilleure régulation, comme les associations de protection des océans.
- Exigez la transparence sur les pratiques d'élevage et les méthodes d'abattage.
S'engager au niveau local
- Rejoignez des initiatives de nettoyage des côtes ou de protection des mangroves.
- Partagez les connaissances avec votre communauté : plus les consommateurs sont informés, plus l'industrie évolue.
🌱 En résumé, la pisciculture n'est pas une alternative éthique à la pêche sauvage. Les deux systèmes ont des impacts négatifs significatifs, mais la pêche sauvage présente une légère avance en bien-être animal comparé à l'élevage intensif. Les aliments végétaux restent l'option la plus claire pour réduire vos impacts.
Regional angle
La pisciculture en Asie
L'Asie domine la production aquacole avec près de 90 % de la production mondiale (FAO, 2022). La Chine est le premier producteur, avec une immense production de carpes et de tilapias, souvent dans des étangs intégrés à l'agriculture. Les conditions de bien-être y sont souvent rudimentaires, mais des efforts sont en cours pour diffuser des normes.
La Norvège et le saumon
La Norvège est le plus grand producteur de saumon d'élevage au monde. Les installations en cage ouverte sont soumises à des conditions climatiques extrêmes, ce qui affecte le bien-être des poissons. Des problèmes récurrents de poux de mer nécessitent des traitements chimiques coûteux, avec des impacts sur la faune sauvage.
Europe et Amérique du Nord
En Europe, les réglementations sur le bien-être animal sont plus strictes, mais les initiatives volontaires sont encore rares. Aux États-Unis, l'aquaculture est moins développée, mais la pêche sauvage reste problématique. Les réseaux de distribution de produits végétaliens y sont plus développés, offrant des alternatives faciles.
Conclusion : dépasser le faux dilemme
Le débat entre pisciculture et pêche sauvage est un faux dilemme : aucun des deux systèmes ne peut être considéré comme durable ou éthique. La pisciculture déplace les problèmes écologiques et aggrave le bien-être animal, tandis que la pêche sauvage épuise les ressources marines et inflige des souffrances massives. La solution la plus sage est de réduire notre consommation de poisson et de se tourner vers des alternatives végétales, plus justes pour les animaux, les écosystèmes et les générations futures.
References and further reading
- FAO (2022) – “State of World Fisheries and Aquaculture.”
- EFSA (2019) – “Welfare of farmed fish: current knowledge.”
- IPBES (2019) – “Global Assessment of Biodiversity and Ecosystem Services.”
- Pour approfondir, consultez les rapports de l'organisation Compassion in World Farming.
Les compromis inévitables
Aucun mode de production de poisson n'évite des compromis : la pêche sauvage préserve le milieu naturel mais épuise les stocks, tandis que la pisciculture soulage localement la pression mais crée des pollutions et des souffrances. Selon la FAO (2024), l'aquaculture a dépassé la pêche sauvage pour la consommation humaine, mais cette croissance s'est accompagnée d'une dépendance accrue aux poissons sauvages pour les farines. Le compromis le plus frappant est peut-être le « fish in / fish out » : pour élever 1 kg de saumon, il faut encore environ 2 à 3 kg de poissons sauvages capturés, selon des analyses de cycle de vie récentes. En d'autres termes, on ne fait que déplacer le problème écologique, sans le résoudre.
En matière d'empreinte climatique, le compromis est tout aussi net : les poissons pélagiques sauvages (sardines, anchois) ont une empreinte plus faible que le saumon d'élevage, mais leur pêche intensive perturbe les chaînes alimentaires marines. Les systèmes aquacoles en circuit fermé (RAS) réduisent les rejets et l'utilisation d'antibiotiques, mais consomment beaucoup d'énergie pour la filtration et le chauffage, augmentant les émissions de CO2. Ce compromis énergie-environnement est souvent sous-estimé dans les discours promotionnels de l'aquaculture. Enfin, le choix entre pêche et aquaculture implique des compromis éthiques : la pêche tue des animaux sauvages dans leur milieu, souvent en masse, tandis que l'élevage soumet des individus à une vie confinée et stressante.
Objections courantes et réponses
Objection 1 : « L'élevage de poissons est nécessaire pour nourrir la planète » Cette objection repose sur l'idée que les protéines animales sont indispensables. Or, la production mondiale de protéines végétales est largement suffisante pour couvrir les besoins humains si elle est répartie équitablement. Selon l'IPES-Food (2022), les poissons d'élevage ne fournissent qu'environ 3 % des calories mondiales, tandis que les céréales et légumineuses en fournissent plus de 50 %. De plus, une partie des poissons capturés est transformée en farines pour l'élevage destiné aux consommateurs riches, ce qui est un usage inefficient des ressources marines.
Objection 2 : « Les poissons ressentent moins la douleur que les mammifères » Cette objection est contredite par de nombreuses études. Selon le professeur Stephen Roe, éthologue à l'Université de Copenhague (cité par le Conseil de l'Europe, 2021), les poissons possèdent des nocicepteurs et des réponses comportementales à la douleur similaires à celles des oiseaux. L'EFSA a recommandé des méthodes d'abattage plus douces, mais leur adoption reste limitée. Sous-estimer la souffrance des poissons revient à ignorer les preuves scientifiques et à justifier des pratiques cruelles.
Objection 3 : « La pêche durable existe, il suffit de consommer des labels » Les labels comme MSC ou ASC ont permis des progrès, mais ils ne garantissent pas une absence de souffrance ni une durabilité totale. Selon une enquête de l'Economist Intelligence Unit (2023), moins de 15 % des pêcheries mondiales sont certifiées durables, et les certifications couvrent rarement les prises accessoires de manière exhaustive. De plus, la pêche durable ne résout pas la souffrance individuelle des poissons, qui reste inhérente à la capture. Les alternatives végétales ne nécessitent aucun compromis de ce type.
Le point de vue régional pour les lecteurs francophones
En France, la consommation de poisson reste élevée, mais les habitudes évoluent. Selon FranceAgriMer (2023), les Français consomment en moyenne 33 kg de produits aquatiques par an, dont environ 70 % proviennent de l'importation. La pêche française, principalement concentrée en Atlantique et en Méditerranée, est confrontée à la surpêche du cabillaud et du merlu, malgré les quotas européens. L'aquaculture française est dominée par l'élevage de saumon en Écosse et en Norvège, mais aussi de truites, de bars et de daurades dans des fermes côtières, notamment en Bretagne et en Méditerranée.
En Belgique et en Suisse, les consommateurs s'orientent de plus en plus vers des labels durables, mais les alternatives végétales gagnent du terrain. La Belgique est un des premiers pays européens à avoir interdit l'élevage de poulpes (2023), une décision saluée par les associations de protection animale. Au Québec, la pêche au saumon sauvage est strictement réglementée, mais l'aquaculture en cage ouverte dans les îles de la Madeleine soulève des préoccupations environnementales et sanitaires. Selon un rapport du ministère des Pêches et Océans Canada (2022), les échappées de saumon d'élevage ont un impact génétique sur les populations sauvages.
Cette diversité de contextes montre qu'une solution unique n'existe pas, mais les principes éthiques et environnementaux restent les mêmes : réduire la consommation de produits animaux, y compris de poisson, et privilégier les alternatives végétales. Les politiques publiques, comme la Stratégie nationale pour l'alimentation durable en France, commencent à intégrer ces dimensions, mais des actions individuelles et collectives sont nécessaires.
Comparaison détaillée des impacts
Pour décider en toute connaissance de cause, il est utile de comparer les impacts sur plusieurs critères. Le tableau ci-dessous synthétise les différences entre pêche sauvage, pisciculture et alternatives végétales, en se basant sur les données de la FAO (2023) et de la littérature scientifique.
| Critère | Pêche sauvage | Pisciculture | Alternatives végétales (tofu, légumineuses) |
|---|---|---|---|
| Utilisation de poissons sauvages | Directe (capture) | Indirecte (farines et huiles) | Aucune |
| Durée de vie des animaux | Naturelle (jusqu'à la capture) | Souvent réduite (6 mois à 2 ans) | Sans objet |
| Souffrance lors de la mort | Variable (asphyxie, barotraumatisme) | Variable (asphyxie, glace, parfois électrique) | Aucune |
| Impact sur les écosystèmes | Surpêche, destruction des fonds marins | Nutriments, évasions, produits chimiques | Faible, mais dépend des pratiques agricoles |
| Émissions de CO2 par kg | 2 à 4 kg CO2e (sardines à morue) | 5 kg CO2e (saumon) | Moins d'1 kg CO2e (lentilles) |
| Prix moyen en France (2025) | 8 à 20 €/kg | 10 à 25 €/kg | 3 à 7 €/kg |
| Disponibilité des alternatives | Variable selon saison et zone | Importante, mais dépend des régions | Très large en supermarchés |
"Clé : Les alternatives végétales surpassent les deux options sur les critères essentiels, mais leur empreinte dépend de l'agriculture ; privilégiez le bio et le local." — KindEco, 2025.
Ce que vous pouvez faire dès maintenant
Voici une liste pratique d'actions concrètes pour réduire votre impact et améliorer le bien-être animal :
- Adoptez une alimentation végétale riche en protéines : lentilles, pois chiches, tofu, tempeh, seitan. Ces aliments sont économiques et nutritifs, avec une empreinte climatique bien inférieure.
- Choisissez des substituts de poisson à base végétale : à base de soja, de lupin ou d'algues, ils reproduisent la texture et le goût sans nuire aux animaux.
- Lorsque vous achetez du poisson (occasionnellement), privilégiez des labels certifiés durables (MSC, ASC), mais sachez qu'ils ne garantissent pas l'absence de souffrance.
- Évitez les poissons d'élevage carnivores (saumon, thon, bar) qui dépendent de farines de poissons sauvages. Optez pour des poissons pélagiques comme les sardines, mais en quantité limitée.
- Soutenez les associations de protection des océans et les campagnes pour une pêche plus respectueuse.
- Informez-vous sur la provenance : privilégiez les produits locaux et de saison, et méfiez-vous des pêches lointaines et non contrôlées.
- Réduisez le gaspillage alimentaire : chaque année, un tiers des produits de la mer est gaspillé, selon la FAO (2023).
Destruction de mangrove pour installer une ferme aquacole.
Adopter ces actions ne nécessite pas de bouleversement radical, mais une évolution progressive. Chaque repas végétal est un pas vers moins de souffrance et une meilleure santé planétaire.
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Les questions les plus fréquentes
Questions fréquentes
Sources
- FAO - La situation mondiale des pêches et de l'aquaculture 2022
- EFSA - Fish welfare
- IPBES - Rapport global sur la biodiversité et les services écosystémiques
- Marine Stewardship Council (MSC) - Certifications
- Aquaculture Stewardship Council (ASC)
- IUCN - Overfishing and bycatch
- Environmental Working Group - Fish farming