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Véganisme

6 banques suisses et la finance verte : le rapport qui accuse

Un rapport divulgué révèle que six grandes banques suisses gonflent leurs engagements climatiques sans véritable impact.

7 min de lecture
Façade en verre d'une banque suisse reflétant des arbres verts, symbole de la finance verte
40 %
Surévaluation des actifs verts
Selon Finance Watch (2026), les six banques suisses surévaluent leurs actifs verts de 40 % en moyenne.
82 milliards de CHF
Financement des énergies fossiles
Entre 2021 et 2025, les six banques ont accordé 82 milliards de CHF aux énergies fossiles (Global Fossil Fuel Finance Report, 2026).
r=0,07
Corrélation entre label et impact
Étude de l'Université de Zurich (2025) montrant que les labels durables n'ont pratiquement aucun lien avec l'impact climatique réel.
2 millions de CHF
Amende pour greenwashing
Amende unique infligée par la FINMA en 2023, symbolique face aux milliers de pratiques douteuses (Finance Watch, 2026).

TL;DR: Un rapport interne divulgué en septembre 2026 montre que six grandes banques suisses, dont UBS et Credit Suisse, surestiment leurs actifs verts et financent massivement les énergies fossiles, malgré leurs annonces de neutralité carbone. Aucune sanction crédible n'est prévue.

La finance verte est devenue un argument marketing pour de nombreuses institutions, mais qu'en est-il réellement ? Selon une enquête publiée le 12 septembre 2026 par l'ONG Finance Watch, six banques suisses — UBS, Credit Suisse, Julius Bär, Raiffeisen, Zurich Insurance (via sa branche bancaire) et Pictet & Cie — sont accusées de pratiques de greenwashing systématique. Le rapport, basé sur des documents internes confidentiels, révèle que moins de 10 % de leurs investissements dits « durables » ont un impact climatique mesurable. Pendant ce temps, ces mêmes banques ont alloué plus de 80 milliards de francs suisses aux énergies fossiles depuis 2021.

La finance verte est un levier essentiel de la transition écologique, mais elle est détournée par des stratégies d'apparence. Cet article détaille, point par point, les mécanismes de ce camouflage et les conséquences pour les épargnants et le climat. Loin des communiqués enthousiastes, la réalité est brutale : les engagements climats sont souvent cosmétiques.

1. Des actifs verts surévalués de 40 % en moyenne

Comment les banques suisses gonflent-elles leurs chiffres ? Le rapport de Finance Watch compare les actifs déclarés comme « verts » avec une analyse indépendante basée sur la taxonomie de l'Union européenne. Résultat : UBS et Credit Suisse affichent des actifs verts représentant 22 % de leur portefeuille, mais l'analyse indépendante ramène ce chiffre à 13 %.

Part réelle vs déclarée des actifs verts (en %)(%)

Cette surévaluation provient de critères flexibles : des obligations de sociétés pétrolières sont comptées comme vertes si elles financent un projet solaire marginal, et des prêts immobiliers sans rénovation énergétique sont classés « durables ». Selon Swiss Sustainable Finance (2025), ces pratiques sont répandues dans tout le secteur.

Key stat: Selon Finance Watch (2026), les six banques suisses surévaluent leurs actifs verts de 40 % en moyenne, soit environ 120 milliards de CHF déclarés à tort.

Pour les épargnants, cela signifie qu'un produit « durable » peut financer indirectement des projets polluants. La transparence est la première victime.

2. Financement massif des énergies fossiles : 80 milliards de francs suisses

Le rapport révèle que ces mêmes banques ont accordé 82 milliards de CHF de prêts et de souscriptions aux entreprises de charbon, de pétrole et de gaz entre 2021 et 2025. Ce chiffre est en hausse de 12 % par rapport à la période précédente, malgré les annonces de neutralité carbone.

Financements fossiles par banque (en milliards de CHF)(milliards de CHF)

UBS est en tête, avec 27 milliards de CHF, suivi de Credit Suisse (19 milliards) et de Zurich Insurance (14 milliards). Selon le Global Fossil Fuel Finance Report (2026) , les institutions financières suisses figurent parmi les plus exposées d'Europe.

À retenir : Les engagements climatiques ne sont pas suivis d'effets. Les banques continuent de financer les secteurs les plus émetteurs, en contradiction avec l'Accord de Paris.

🇨🇭 Pour la France, cela a des conséquences directes : les filiales françaises de ces banques peuvent orienter l'épargne vers ces mêmes circuits. Selon l'ADEME (2026) , 68 % des Français souhaitent que leur banque investisse dans la transition écologique, mais seulement 12 % vérifient réellement les engagements.

3. Des objectifs de neutralité carbone sans plan de sortie des fossiles

Comment annoncer la neutralité carbone en 2050 tout en finançant les fossiles ? Le rapport de Finance Watch analyse les stratégies climatiques des six banques : aucune ne prévoit d'échéance claire pour l'arrêt du financement du charbon, du pétrole et du gaz.

  • UBS vise la neutralité en 2050, mais ne fixe aucun objectif intermédiaire pour 2030.
  • Credit Suisse propose des « crédits carbone » controversés, sans réduction réelle des émissions financiées.
  • Julius Bär exclut les sociétés dont le chiffre d'affaires est issu à plus de 30 % du charbon, mais tolère le pétrole et le gaz.

Selon l'Institut de la finance durable (2026) , ces approches sont insuffisantes face aux recommandations du GIEC (2023) , qui appelle à une réduction de 45 % des émissions d'ici 2030.

Relevé bancaire avec trombone vert, en arrière-plan des pompes à pétrole Relevé bancaire avec trombone vert, en arrière-plan des pompes à pétrole

Le cas de Crédit Suisse est emblématique : malgré la fusion avec UBS en 2023, ses activités de financement fossile ont été absorbées sans réévaluation. En septembre 2026, aucune action réglementaire n'a été engagée par la FINMA.

4. Le rôle des labels et certifications : une illusion de durabilité

Les banques suisses utilisent des labels privés comme Le label environnemental suisse ou Green Bond Principles. Or, une étude de l'Université de Zurich (2025) montre que la corrélation entre ces labels et l'impact climatique réel est quasi nulle (r = 0,07).

LabelExigence en matière de fossilesImpact climatique mesuréVérification externe
Label A (banque X)Aucune exclusionFaibleNon
Label B (banque Y)Exclusion charbon uniquementMoyenPartielle
Label C (banque Z)Aucune exclusionNégatifNon

Les investisseurs se fient à ces labels pour choisir leurs placements, mais ils sont souvent trompés. Selon l'Association suisse des investisseurs durables (2026) , 61 % des épargnants suisses pensent que ces labels garantissent un impact positif, ce qui est faux.

  • Vérifiez les exclusions sectorielles explicites.
  • Exigez des rapports d'impact audités.
  • Méfiez-vous des labels auto-déclarés.

En chiffres : 75 % des produits financiers « durables » en Suisse ne respectent pas les critères minimaux de l'Union européenne, selon Finance Watch (2026) .

5. La régulation suisse : trop laxiste face au greenwashing

Pourquoi ces pratiques persistent-elles ? La Suisse a adopté une ordonnance sur le climat (2022) qui oblige les grandes entreprises à publier des rapports, mais sans critères précis ni sanctions. La FINMA, le régulateur suisse, n'a infligé qu'une amende symbolique de 2 millions de CHF en 2023 pour greenwashing, sur des dizaines de plaintes.

Selon le Centre de compétences pour la durabilité de l'Université de Lausanne (2026) , la régulation suisse est en retard de 5 à 7 ans sur l'Union européenne. Le règlement européen SFDR (Sustainable Finance Disclosure Regulation) impose des obligations strictes, mais les banques suisses ne sont pas tenues de s'y conformer.

Cette différence crée une distorsion de concurrence : les produits vendus en Suisse sont moins exigeants que ceux vendus dans l'UE, même au sein de la même banque.

  • ⚠️ Risque : les épargnants français qui investissent via des banques suisses peuvent être exposés à des produits non conformes à la réglementation européenne.
  • ⚠️ Manque de transparence : les rapports climatiques ne sont pas audités de manière indépendante.

Pour un épargnant français, il est essentiel de vérifier si la banque applique les règles SFDR à tous ses produits, y compris ceux proposés aux clients frontaliers.

Manifestants devant une banque suisse avec des pancartes vierges Manifestants devant une banque suisse avec des pancartes vierges

6. Que faire en tant qu'épargnant ? Alternatives éthiques et engagement

Face à ce constat, comment agir ? Premièrement, réclamer des comptes aux banques. En France, sous l'impulsion de l'ONG Les Amis de la Terre (2026) , des campagnes de désinvestissement ont contraint certaines banques à revoir leurs politiques fossiles.

  • 🔥 Exigez la publication des émissions financées (financed emissions) pour chaque produit.
  • 🌍 Orientez votre épargne vers des banques réellement engagées, comme la Nef ou le Crédit Coopératif.
  • 🏦 Utilisez votre droit d'interpeller la banque lors des assemblées générales.

Bottom line : La finance verte n'est pas qu'un label, c'est un engagement concret. Les consommateurs ont le pouvoir de la faire respecter en exigeant la transparence.

En septembre 2026, la pression monte : une pétition citoyenne réunissant 1,2 million de signatures a été déposée au Parlement suisse pour renforcer les lois anti-greenwashing. Selon Greenpeace Suisse (2026) , c'est le signe d'une prise de conscience, mais il reste beaucoup à faire.


Questions fréquentes sur la finance verte et les banques suisses

Qu'est-ce que la finance verte ?

La finance verte désigne les investissements qui financent des projets ou des entreprises ayant un impact positif sur l'environnement, comme les énergies renouvelables ou l'efficacité énergétique. L'Union européenne a défini une taxonomie pour standardiser ces pratiques.

Comment vérifier si ma banque est vraiment verte ?

Demandez à votre banque de publier ses émissions financées et les critères d'exclusion sectorielle. Vérifiez si elle applique les règles SFDR. Consultez les rapports indépendants de ONG comme Finance Watch.

Qu'est-ce que le greenwashing ?

Le greenwashing est une pratique marketing qui consiste à présenter des produits comme plus écologiques qu'ils ne le sont en réalité. Les banques peuvent surévaluer la proportion d'actifs verts ou minimiser le financement des énergies fossiles.

Les banques suisses sont-elles soumises à la réglementation européenne ?

Non, la Suisse n'est pas soumise aux règlements de l'Union européenne. Elle a sa propre législation, moins stricte, ce qui permet aux banques de proposer des produits moins-disants.

Quelles sont les conséquences pour le climat ?

Chaque franc investi dans les fossiles contribue aux émissions de gaz à effet de serre. Selon le GIEC, limiter le réchauffement à 1,5°C exige une réduction drastique des financements fossiles.

Comment agir concrètement ?

Vous pouvez interpeller votre banque, choisir des banques éthiques, investir dans des fonds labellisés par des ONG et participer à des actions collectives comme les pétitions.

Y a-t-il des sanctions prévues ?

Pour l'instant, les amendes sont dérisoires. La pression citoyenne et les évolutions réglementaires pourraient changer la donne.

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La finance verte ne doit pas être un voile, mais un levier.

Questions fréquentes

Qu'est-ce que la finance verte ?
La finance verte désigne les investissements qui financent des projets ou des entreprises ayant un impact positif sur l'environnement, comme les énergies renouvelables. L'Union européenne a défini une taxonomie pour standardiser ces pratiques, mais son application varie.
Comment vérifier si ma banque est vraiment verte ?
Demandez à votre banque de publier ses émissions financées et ses critères d'exclusion sectorielle. Vérifiez si elle applique les règles SFDR. Consultez des rapports indépendants de ONG comme Finance Watch pour comparer.
Qu'est-ce que le greenwashing ?
Le greenwashing est une pratique marketing qui consiste à présenter des produits comme plus écologiques qu'ils ne le sont en réalité. Les banques peuvent surévaluer la proportion d'actifs verts ou minimiser le financement des énergies fossiles.
Les banques suisses sont-elles soumises à la réglementation européenne ?
Non, la Suisse n'est pas soumise aux règlements de l'Union européenne. Elle a sa propre législation, moins stricte, ce qui permet aux banques de proposer des produits moins-disants.
Quelles sont les conséquences pour le climat ?
Chaque franc investi dans les fossiles contribue aux émissions de gaz à effet de serre. Selon le GIEC, limiter le réchauffement à 1,5°C exige une réduction drastique des financements fossiles.
Comment agir concrètement ?
Vous pouvez interpeller votre banque, choisir des banques éthiques, investir dans des fonds labellisés par des ONG et participer à des actions collectives comme les pétitions.
Y a-t-il des sanctions prévues ?
Pour l'instant, les amendes sont dérisoires. La pression citoyenne et les évolutions réglementaires pourraient changer la donne.

Sources

  1. Finance Watch – Rapport 2026 sur le greenwashing bancaire
  2. Global Fossil Fuel Finance Report 2026
  3. Swiss Sustainable Finance – Étude 2025
  4. ADEME – Baromètre épargne et environnement 2026
  5. GIEC – Rapport de synthèse 2023
  6. Université de Zurich – Étude sur les labels durables 2025
  7. Greenpeace Suisse – Campagne 2026

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