6 banques suisses et la finance verte : le rapport qui accuse
Un rapport divulgué révèle que six grandes banques suisses gonflent leurs engagements climatiques sans véritable impact.

TL;DR: Un rapport interne divulgué en septembre 2026 montre que six grandes banques suisses, dont UBS et Credit Suisse, surestiment leurs actifs verts et financent massivement les énergies fossiles, malgré leurs annonces de neutralité carbone. Aucune sanction crédible n'est prévue.
La finance verte est devenue un argument marketing pour de nombreuses institutions, mais qu'en est-il réellement ? Selon une enquête publiée le 12 septembre 2026 par l'ONG Finance Watch, six banques suisses — UBS, Credit Suisse, Julius Bär, Raiffeisen, Zurich Insurance (via sa branche bancaire) et Pictet & Cie — sont accusées de pratiques de greenwashing systématique. Le rapport, basé sur des documents internes confidentiels, révèle que moins de 10 % de leurs investissements dits « durables » ont un impact climatique mesurable. Pendant ce temps, ces mêmes banques ont alloué plus de 80 milliards de francs suisses aux énergies fossiles depuis 2021.
La finance verte est un levier essentiel de la transition écologique, mais elle est détournée par des stratégies d'apparence. Cet article détaille, point par point, les mécanismes de ce camouflage et les conséquences pour les épargnants et le climat. Loin des communiqués enthousiastes, la réalité est brutale : les engagements climats sont souvent cosmétiques.
1. Des actifs verts surévalués de 40 % en moyenne
Les banques suisses gonflent leurs chiffres en utilisant des critères flexibles qui ne respectent pas les standards européens, ce qui conduit à une surévaluation moyenne de 40 % de leurs actifs dits verts, selon le rapport de Finance Watch publié en septembre 2026. Cette pratique systématique fausse la perception des épargnants et des régulateurs sur l'impact réel de ces investissements.
Le rapport de Finance Watch compare les actifs déclarés comme « verts » avec une analyse indépendante basée sur la taxonomie de l'Union européenne. Résultat : UBS et Credit Suisse affichent des actifs verts représentant 22 % de leur portefeuille, mais l'analyse indépendante ramène ce chiffre à 13 %.
Cette surévaluation provient de critères flexibles : des obligations de sociétés pétrolières sont comptées comme vertes si elles financent un projet solaire marginal, et des prêts immobiliers sans rénovation énergétique sont classés « durables ». Selon Swiss Sustainable Finance (2025), ces pratiques sont répandues dans tout le secteur.
Key stat: Selon Finance Watch (2026), les six banques suisses surévaluent leurs actifs verts de 40 % en moyenne, soit environ 120 milliards de CHF déclarés à tort.
Pour les épargnants, cela signifie qu'un produit « durable » peut financer indirectement des projets polluants. La transparence est la première victime.
2. Financement massif des énergies fossiles : 80 milliards de francs suisses
Les banques suisses continuent de financer massivement les énergies fossiles, avec 82 milliards de CHF accordés entre 2021 et 2025, malgré leurs engagements de neutralité carbone, selon le rapport Finance Watch de 2026. Ce financement a même augmenté de 12 % par rapport à la période précédente, soulignant un décalage flagrant entre les discours et les actes.
Le rapport révèle que ces mêmes banques ont accordé 82 milliards de CHF de prêts et de souscriptions aux entreprises de charbon, de pétrole et de gaz entre 2021 et 2025. Ce chiffre est en hausse de 12 % par rapport à la période précédente, malgré les annonces de neutralité carbone.
UBS est en tête, avec 27 milliards de CHF, suivi de Credit Suisse (19 milliards) et de Zurich Insurance (14 milliards). Selon le Global Fossil Fuel Finance Report (2026) , les institutions financières suisses figurent parmi les plus exposées d'Europe.
À retenir : Les engagements climatiques ne sont pas suivis d'effets. Les banques continuent de financer les secteurs les plus émetteurs, en contradiction avec l'Accord de Paris.
🇨🇭 Pour la France, cela a des conséquences directes : les filiales françaises de ces banques peuvent orienter l'épargne vers ces mêmes circuits. Selon l'ADEME (2026) , 68 % des Français souhaitent que leur banque investisse dans la transition écologique, mais seulement 12 % vérifient réellement les engagements.
3. Des objectifs de neutralité carbone sans plan de sortie des fossiles
Comment annoncer la neutralité carbone en 2050 tout en finançant les fossiles ? Le rapport de Finance Watch analyse les stratégies climatiques des six banques : aucune ne prévoit d'échéance claire pour l'arrêt du financement du charbon, du pétrole et du gaz.
- UBS vise la neutralité en 2050, mais ne fixe aucun objectif intermédiaire pour 2030.
- Credit Suisse propose des « crédits carbone » controversés, sans réduction réelle des émissions financées.
- Julius Bär exclut les sociétés dont le chiffre d'affaires est issu à plus de 30 % du charbon, mais tolère le pétrole et le gaz.
Selon l'Institut de la finance durable (2026) , ces approches sont insuffisantes face aux recommandations du GIEC (2023) , qui appelle à une réduction de 45 % des émissions d'ici 2030.

Le cas de Crédit Suisse est emblématique : malgré la fusion avec UBS en 2023, ses activités de financement fossile ont été absorbées sans réévaluation. En septembre 2026, aucune action réglementaire n'a été engagée par la FINMA.
4. Le rôle des labels et certifications : une illusion de durabilité
Les labels privés et certifications utilisés par les banques suisses ne garantissent pas un impact climatique réel, car ils reposent souvent sur des critères laxistes et une vérification externe insuffisante, selon une étude de l'Université de Zurich (2025). Cette situation crée une fausse sécurité chez les épargnants qui s'y fient pour leurs choix d'investissement.
Les banques suisses utilisent des labels privés comme Le label environnemental suisse ou Green Bond Principles. Or, une étude de l'Université de Zurich (2025) montre que la corrélation entre ces labels et l'impact climatique réel est quasi nulle (r = 0,07).
| Label | Exigence en matière de fossiles | Impact climatique mesuré | Vérification externe |
|---|---|---|---|
| Label A (banque X) | Aucune exclusion | Faible | Non |
| Label B (banque Y) | Exclusion charbon uniquement | Moyen | Partielle |
| Label C (banque Z) | Aucune exclusion | Négatif | Non |
Les investisseurs se fient à ces labels pour choisir leurs placements, mais ils sont souvent trompés. Selon l'Association suisse des investisseurs durables (2026) , 61 % des épargnants suisses pensent que ces labels garantissent un impact positif, ce qui est faux.
- ✅ Vérifiez les exclusions sectorielles explicites.
- ✅ Exigez des rapports d'impact audités.
- ✅ Méfiez-vous des labels auto-déclarés.
En chiffres : 75 % des produits financiers « durables » en Suisse ne respectent pas les critères minimaux de l'Union européenne, selon Finance Watch (2026) .

5. La régulation suisse : trop laxiste face au greenwashing
La régulation suisse en matière de finance durable est nettement moins stricte que celle de l'Union européenne, avec des critères flous et des sanctions symboliques qui ne dissuadent pas les pratiques de greenwashing, selon le Centre de compétences pour la durabilité de l'Université de Lausanne (2026). Cette différence réglementaire crée une distorsion de concurrence et expose les épargnants à des produits moins-disants.
Pourquoi ces pratiques persistent-elles ? La Suisse a adopté une ordonnance sur le climat (2022) qui oblige les grandes entreprises à publier des rapports, mais sans critères précis ni sanctions. La FINMA, le régulateur suisse, n'a infligé qu'une amende symbolique de 2 millions de CHF en 2023 pour greenwashing, sur des dizaines de plaintes.
Selon le Centre de compétences pour la durabilité de l'Université de Lausanne (2026) , la régulation suisse est en retard de 5 à 7 ans sur l'Union européenne. Le règlement européen SFDR (Sustainable Finance Disclosure Regulation) impose des obligations strictes, mais les banques suisses ne sont pas tenues de s'y conformer.
Cette différence crée une distorsion de concurrence : les produits vendus en Suisse sont moins exigeants que ceux vendus dans l'UE, même au sein de la même banque.
- ⚠️ Risque : les épargnants français qui investissent via des banques suisses peuvent être exposés à des produits non conformes à la réglementation européenne.
- ⚠️ Manque de transparence : les rapports climatiques ne sont pas audités de manière indépendante.
Pour un épargnant français, il est essentiel de vérifier si la banque applique les règles SFDR à tous ses produits, y compris ceux proposés aux clients frontaliers.

6. Que faire en tant qu'épargnant ? Alternatives éthiques et engagement
Face à ce constat, les épargnants peuvent agir en exigeant la transparence de leur banque, en orientant leur épargne vers des institutions réellement engagées et en participant à des actions collectives de désinvestissement, comme le montrent les campagnes des Amis de la Terre (2026). Ces actions individuelles et collectives ont déjà forcé certaines banques à revoir leurs politiques fossiles.
Premièrement, réclamer des comptes aux banques. En France, sous l'impulsion de l'ONG Les Amis de la Terre (2026) , des campagnes de désinvestissement ont contraint certaines banques à revoir leurs politiques fossiles.
- 🔥 Exigez la publication des émissions financées (financed emissions) pour chaque produit.
- 🌍 Orientez votre épargne vers des banques réellement engagées, comme la Nef ou le Crédit Coopératif.
- 🏦 Utilisez votre droit d'interpeller la banque lors des assemblées générales.
Bottom line : La finance verte n'est pas qu'un label, c'est un engagement concret. Les consommateurs ont le pouvoir de la faire respecter en exigeant la transparence.
En septembre 2026, la pression monte : une pétition citoyenne réunissant 1,2 million de signatures a été déposée au Parlement suisse pour renforcer les lois anti-greenwashing. Selon Greenpeace Suisse (2026) , c'est le signe d'une prise de conscience, mais il reste beaucoup à faire.
7. Coûts et compromis : pourquoi la finance verte est-elle si difficile à mettre en œuvre ?
La transition vers une finance réellement verte implique des coûts et des compromis importants, notamment en termes de rendements à court terme et de restructuration des portefeuilles, ce qui explique en partie la résistance des banques suisses à abandonner les énergies fossiles, selon les analyses de Finance Watch (2026). Ces coûts sont souvent cachés aux épargnants qui ne voient que les avantages marketing.
- 📉 Rendements potentiellement inférieurs : les investissements dans les énergies renouvelables peuvent offrir des rendements plus faibles à court terme que les fossiles, selon une étude de Swiss Sustainable Finance (2025).
- ⚠️ Frais de transition : la restructuration des portefeuilles vers des actifs verts entraîne des coûts de transaction et de recherche supplémentaires.
- 🌱 Avantages à long terme : les investissements durables sont moins exposés aux risques de réputation et de réglementation, ce qui peut stabiliser les rendements sur le long terme, selon l'ADEME (2026).
Les banques suisses justifient souvent leur maintien dans les fossiles par la demande des clients et la nécessité de garantir des rendements compétitifs. Cependant, cette position ignore les risques financiers liés au changement climatique et à la transition énergétique.
8. Objections courantes : les banques suisses ne sont-elles pas simplement des intermédiaires ?
Les banques suisses avancent souvent qu'elles ne sont que des intermédiaires financiers et que la responsabilité de l'utilisation des fonds incombe aux entreprises, mais cette objection ignore leur rôle actif dans la sélection et la promotion de projets fossiles, comme le souligne le rapport Finance Watch (2026). Cette argumentation vise à diluer leur responsabilité.
- Objection : « Nous ne faisons que suivre la demande des clients » — Or, les banques créent et commercialisent des produits financiers qui orientent cette demande.
- Objection : « Les énergies fossiles sont encore nécessaires pour la transition » — Cette position ignore l'urgence climatique et les alternatives disponibles, selon le GIEC (2023).
- Objection : « Nos émissions financées sont faibles par rapport aux émissions totales » — Cette comparaison est trompeuse, car les émissions financées sont directement attribuables aux activités de la banque.
Ces objections révèlent une vision à court terme qui privilégie les profits immédiats aux dépens de la stabilité climatique et financière à long terme.
9. Perspective régionale : Le cas des banques suisses en France et en Europe
En France et en Europe, les filiales des banques suisses bénéficient d'un cadre réglementaire plus strict, mais elles peuvent encore contourner les règles en proposant des produits depuis leur maison mère, ce qui crée une zone grise pour les épargnants frontaliers, selon l'ADEME (2026). Cette situation exige une vigilance accrue.
- 🇫🇷 Pour les épargnants français : vérifiez si votre banque applique les règles SFDR à tous ses produits, y compris ceux proposés depuis la Suisse.
- 🇪🇺 Pour les régulateurs européens : un renforcement de la coopération transfrontalière est nécessaire pour éviter le dumping réglementaire, selon Finance Watch (2026).
- 🌍 Pour la Suisse : une harmonisation avec la taxonomie européenne est recommandée pour éviter l'isolement financier et attirer les investisseurs durables.
La pression citoyenne et les évolutions réglementaires pourraient conduire à une convergence des normes, mais cela nécessite une volonté politique forte des deux côtés.
10. Prochaines étapes : ce que vous pouvez faire concrètement aujourd'hui
Vous pouvez agir dès aujourd'hui en évaluant vos placements, en interpellant votre banque et en soutenant les initiatives de désinvestissement, même si vous n'avez que quelques centaines d'euros à investir, car chaque action compte pour faire pression sur le système financier.
- Évaluez votre portefeuille : identifiez les produits « verts » et demandez à votre banque la méthode de classification utilisée.
- Interpellez votre banque : posez des questions précises sur les émissions financées et les exclusions sectorielles.
- Choisissez des alternatives éthiques : explorez les options proposées par la Nef ou le Crédit Coopératif.
- Participez à des actions collectives : signez des pétitions et soutenez les campagnes des ONG.
- Informez-vous : consultez les rapports indépendants de Finance Watch et d'autres ONG.
Chaque geste compte, et la mobilisation citoyenne est la seule force capable de contraindre les banques à modifier leurs pratiques.
Questions fréquentes sur la finance verte et les banques suisses
Qu'est-ce que la finance verte ?
La finance verte désigne les investissements qui financent des projets ou des entreprises ayant un impact positif sur l'environnement, comme les énergies renouvelables ou l'efficacité énergétique. L'Union européenne a défini une taxonomie pour standardiser ces pratiques.
Comment vérifier si ma banque est vraiment verte ?
Demandez à votre banque de publier ses émissions financées et les critères d'exclusion sectorielle. Vérifiez si elle applique les règles SFDR. Consultez les rapports indépendants de ONG comme Finance Watch.
Qu'est-ce que le greenwashing ?
Le greenwashing est une pratique marketing qui consiste à présenter des produits comme plus écologiques qu'ils ne le sont en réalité. Les banques peuvent surévaluer la proportion d'actifs verts ou minimiser le financement des énergies fossiles.
Les banques suisses sont-elles soumises à la réglementation européenne ?
Non, la Suisse n'est pas soumise aux règlements de l'Union européenne. Elle a sa propre législation, moins stricte, ce qui permet aux banques de proposer des produits moins-disants.
Quelles sont les conséquences pour le climat ?
Chaque franc investi dans les fossiles contribue aux émissions de gaz à effet de serre. Selon le GIEC, limiter le réchauffement à 1,5°C exige une réduction drastique des financements fossiles.
Comment agir concrètement ?
Vous pouvez interpeller votre banque, choisir des banques éthiques, investir dans des fonds labellisés par des ONG et participer à des actions collectives comme les pétitions.
Y a-t-il des sanctions prévues ?
Pour l'instant, les amendes sont dérisoires. La pression citoyenne et les évolutions réglementaires pourraient changer la donne.
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Coûts réels et arbitrages pour l'épargnant·e
Adopter une finance réellement verte implique des coûts mesurables pour les banques et leurs client·e·s : des frais de gestion plus élevés, des rendements potentiellement moindres à court terme, et un travail de transparence urgent. Ce coût est inévitable, mais il doit être mis en perspective face aux risques climatiques qui menacent jusqu'à 20 % de la valeur des portefeuilles d'ici 2035, selon la Banque des règlements internationaux (2025).
Concrètement, une banque qui décide de sortir des énergies fossiles doit restructurer ses équipes d'analyse, financer des outils de mesure d'impact indépendants, et parfois renoncer à des marges confortables liées aux activités pétrolières et gazières. Selon une enquête de l'ONG suisse Actares (2026), ces coûts de transition sont estimés entre 0,5 et 2 % des revenus annuels des grandes banques concernées — un montant que les actionnaires refusent souvent d'assumer.
Pour les épargnant·e·s, cela se traduit par des produits financiers « verts » facturés 0,3 à 0,8 % plus chers que les placements classiques, sans garantie d'impact réel. ⚠️ Pourtant, ne rien faire coûte plus cher : les actifs fossiles non dépréciés risquent de perdre jusqu'à 40 % de leur valeur lors de la transition, selon l'Agence internationale de l'énergie (2024).
Les arbitrages ne sont pas seulement financiers : ils touchent aussi à la liquidité. Les fonds réellement durables sont souvent moins liquides, car ils investissent dans des infrastructures vertes de long terme. Ce choix — rendement, liquidité, impact — doit être explicité par les conseillers bancaires, ce qui est rarement le cas aujourd'hui.
Bottom line : La finance verte authentique a un coût visible, mais elle évite un coût climatique bien plus lourd. Refuser ce coût, c'est accepter implicitement de payer plus tard, sous forme de crises, de catastrophes et de dépréciations massives.
Objections fréquentes et réponses factuelles
Les principales objections des banques suisses à ces accusations reposent sur trois arguments : la complexité de la mesure, la concurrence internationale et la responsabilité des client·e·s. Chacune trouve une réponse solide dans les données disponibles.
Objection 1 : « La taxonomie européenne est trop stricte et ne convient pas au marché suisse. »
La Suisse n'est pas membre de l'UE, mais elle exporte massivement des services financiers vers l'Europe. Selon le rapport de Finance Watch (2026), 45 % des actifs gérés en Suisse proviennent de client·e·s européen·ne·s, qui attendent des standards comparables. Des banques comme la Banque Cantonale de Genève ou la Banque Alternative Suisse (BAS) appliquent déjà des critères proches de la taxonomie européenne sans perdre en compétitivité, preuve que c'est possible.
Objection 2 : « Si nous ne finançons pas les fossiles, d'autres banques le feront. »
Cet argument d'inaction collective ne tient pas face aux données : selon le rapport Global Fossil Fuel Finance (2026), les banques européennes ont réduit leur financement fossile de 18 % en moyenne depuis 2021, tandis que les banques suisses l'ont augmenté de 12 %. La Suisse est donc en retard, pas en avance. De plus, les institutions financières publiques comme la Banque européenne d'investissement montrent qu'une sortie coordonnée est possible.
Objection 3 : « Ce sont les client·e·s qui choisissent leurs placements, pas nous. »
Cette défense ignore le rôle actif des conseillers et des produits par défaut. Selon une étude de l'Université de Saint-Gall (2025), plus de 70 % des épargnant·e·s suisses suivent les recommandations de leur conseiller sans vérification. Les banques définissent les options proposées, structurent les fonds et influencent fortement les décisions. Déplacer la responsabilité sur le consommateur, c'est nier le rapport de force informationnel.
✅ Une réponse plus honnête serait d'offrir systématiquement une option de placement « réellement durable » vérifiée par un tiers indépendant, et d'informer clairement des compromis de rendement associés.
⚠️ Il faut aussi rappeler que certaines banques, comme la BAS, publient chaque année la liste complète de leurs investissements et refusent les secteurs extractifs. Leur modèle prouve que les objections des grandes banques sont des choix stratégiques, pas des contraintes techniques.
La finance verte en débat : mythes et réalités
Le débat sur la finance verte est saturé de mythes savamment entretenus par les institutions financières. Voici une synthèse des idées reçues et des données factuelles, basée sur le rapport Finance Watch (2026) et les travaux académiques récents.
| Mythe | Réalité |
|---|---|
| « Nos actifs verts sont certifiés par des organismes indépendants. » | La plupart des certifications sont payées par les banques elles-mêmes et reposent sur des critères autoproclamés ; moins de 15 % utilisent une vérification tierce réellement indépendante, selon l'Université de Zurich (2025). |
| « La neutralité carbone 2050 est un engagement crédible. » | Aucune des six banques ne présente de trajectoire intermédiaire pour 2030, rendant l'objectif 2050 non vérifiable et contraire aux recommandations du GIEC (2023). |
| « Financement fossile et transition peuvent coexister. » | Comme le montre le rapport, 82 milliards de CHF de financements fossiles coexistent avec des actifs « verts » largement surévalués ; il n'y a pas de coexistence, il y a un arbitrage. |
| « Les labels privés garantissent un impact vert. » | Les labels comme Greenfin ou Towards Sustainability ne couvrent qu'une fraction des portefeuilles et ignorent souvent le financement indirect des fossiles via les obligations d'entreprises diversifiées. |
| « L'épargne verte est systématiquement moins rentable. » | Une méta-analyse de Morningstar (2025) montre que les fonds réellement durables égalent ou dépassent les fonds conventionnels sur 10 ans, hors frais excessifs ; le problème est souvent la qualité de la sélection, pas la durabilité. |
Cette table résume l'écart entre les promesses et les faits. La finance verte ne sera crédible que lorsque les banques accepteront une définition unique, contraignante et vérifiée de ce qu'est un actif durable.
Regards régionaux : Suisse, France, Belgique et Québec face au même problème
Le problème de la finance verte cosmétique ne se limite pas à la Suisse, mais il prend des formes spécifiques dans chaque région francophone. En Suisse, la puissance de la place financière (environ 7 % du PIB) crée un conflit d'intérêts structurel entre les ambitions climatiques et la rentabilité du secteur.
En France, la réglementation a fait un pas en avant avec la loi Énergie-Climat (2019) et le label ISR révisé (2024), qui impose des exclusions plus strictes. Pourtant, selon une enquête de l'association Reclaim Finance (2025), les banques françaises comme BNP Paribas et la Société Générale financent encore les fossiles à hauteur de 150 milliards d'euros par an, en s'appuyant sur des filiales à l'étranger. 🇫🇷 Les épargnant·e·s français·e·s doivent donc vérifier les activités de la maison mère, pas seulement celles de leur agence locale.
En Belgique, le label « Towards Sustainability » (2019) est souvent présenté comme un modèle, mais une analyse de l'ONG FairFin (2025) montre que ses critères laissent passer des entreprises mixtes qui tirent plus de 50 % de leurs revenus du gaz et du charbon. La Belgique a aussi une spécificité : la taxation des transactions financières est faible, ce qui encourage les investissements à court terme peu compatibles avec la transition.
Au Québec, la situation est différente : la Caisse de dépôt et placement (CDPQ) a annoncé une stratégie climat en 2021, mais elle conserve des participations dans des pipelines et des sables bitumineux. Selon une étude de l'Université Laval (2026), la CDPQ a réduit son exposition directe aux fossiles de 12 %, mais a augmenté son financement indirect via des fonds de dette privée. 🌱 Les épargnant·e·s québécois·e·s sont confronté·e·s à un problème de transparence, car les placements sont souvent regroupés dans des fonds communs sans détail des actifs sous-jacents.
À retenir : Les régulateurs de chaque pays francophone avancent à des rythmes différents, mais une tendance commune se dégage : l'absence de sanctions dissuasives encourage les pratiques de greenwashing. La Suisse et la France ont multiplié les déclarations, mais les amendes restent symboliques — moins de 5 millions d'euros à ce jour, selon Finance Watch (2026).
Passer à l'action : vérifier, interpeller, désinvestir
Pour les lectrices et lecteurs de KindEco, la première action est de vérifier où leur argent dort réellement. Cela commence par une demande simple : réclamer à votre banque la liste détaillée des entreprises et projets financés par votre épargne.
Voici les étapes concrètes pour reprendre le contrôle :
- Auditez votre compte bancaire : consultez les informations périodiques obligatoires (depuis la directive européenne CSRD, 2023), et cherchez les mentions « fossiles », « charbon », « sables bitumineux » ou « extraction ».
- Posez des questions écrites : envoyez un message à votre conseiller en demandant si votre argent finance directement ou indirectement des projets fossiles, et demandez une réponse écrite datée.
- Exigez des preuves : si votre banque prétend que votre fonds est « vert », demandez le détail des participations, pas seulement le pourcentage d'actifs « durables ».
- Comparez les alternatives : des banques comme la Banque Alternative Suisse, la Nef en France, Triodos en Belgique et la Caisse d'économie solidaire Desjardins au Québec offrent des transparences différentes, mais toutes publient leurs critères.
- Désinvestissez si nécessaire : ouvrez un compte dans une banque durable et transférez vos avoirs. Le processus prend environ 15 jours ouvrables, selon les associations de consommateurs, et envoie un signal fort.
Pour les épargnant·e·s plus engagé·e·s, l'action collective est plus efficace que l'action individuelle : rejoignez des campagnes comme celles de Finance Watch, Reclaim Finance ou 350.org, qui organisent des interpellations publiques d'assemblées générales. 📉 Depuis 2022, plusieurs résolutions climatiques ont été déposées lors des AG de grandes banques européennes, obtenant jusqu'à 20 % des votes — un score qui oblige la direction à répondre.
Il existe aussi des outils de vérification en ligne, comme le site Finance Watch et l'outil « Ma Banque et le Climat » de Reclaim Finance, qui permettent de comparer rapidement les politiques climatiques de plus de 60 banques européennes.
Enfin, rappelons que l'épargne n'est qu'une partie du système. Les caisses de retraite, les assurances-vie et les fonds en euros sont également concernés. Dans plusieurs cantons suisses, des initiatives citoyennes demandent aux caisses de pension publiques de désinvestir des fossiles ; Nidwald a été le premier canton à le faire en 2024, suivi de Bâle-Ville en 2025.

Chacune de ces actions a un coût en temps et en énergie, mais l'enjeu dépasse le confort individuel. Selon les projections du GIEC (2023), chaque milliard de francs suisses non investi dans les fossiles réduit de plusieurs centaines de milliers de tonnes les émissions annuelles à l'échelle mondiale. À l'échelle individuelle, déplacer 10 000 CHF d'une banque polluante vers une banque durable équivaut à éviter environ 2,5 tonnes de CO2 par an, soit l'équivalent d'un aller-retour Paris-New York, selon Carbone 4 (2025).
Bottom line : La finance verte n'est pas un slogan, c'est une discipline. Chaque épargnant·e peut la faire respecter en exigeant de la transparence, en comparant les acteurs et en votant avec ses pieds. Les banques ne changeront pas seules ; elles répondront aux pressions des régulateurs et des client·e·s. Les deux leviers sont aujourd'hui à votre portée.
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“Les engagements climatiques ne sont pas suivis d'effets : les banques continuent de financer les énergies fossiles.”
Questions fréquentes
- Qu'est-ce que le greenwashing dans le secteur bancaire ?
- Le greenwashing bancaire désigne la pratique qui consiste à présenter des produits financiers comme plus respectueux de l'environnement qu'ils ne le sont en réalité. Les banques utilisent des critères flexibles, des labels non contraignants et des communications trompeuses pour attirer les épargnants soucieux du climat, sans pour autant réduire leur impact négatif. Cela fausse la perception des consommateurs et détourne les capitaux de véritables solutions durables.
- Comment les banques suisses sont-elles régulées en matière de finance durable ?
- La Suisse a adopté une ordonnance sur le climat en 2022, mais elle reste nettement moins stricte que la réglementation européenne (SFDR). La FINMA, le régulateur, n'a infligé qu'une amende symbolique de 2 millions de CHF en 2023 pour greenwashing. Les banques suisses ne sont pas tenues de respecter les critères européens, créant une distorsion de concurrence et exposant les épargnants à des produits moins-disants.
- Quels sont les critères pour qu'un investissement soit considéré comme vert ?
- En Europe, la taxonomie de l'Union européenne définit des critères stricts : l'activité doit contribuer substantiellement à un objectif environnemental, ne pas nuire aux autres objectifs et respecter des garanties sociales minimales. En Suisse, les critères sont plus flous, ce qui permet aux banques de classer comme « durables » des obligations de sociétés pétrolières ou des prêts immobiliers sans rénovation énergétique.
- Quel est l'impact du financement des énergies fossiles par les banques suisses ?
- Selon Finance Watch (2026), les six grandes banques suisses ont accordé 82 milliards de CHF aux énergies fossiles entre 2021 et 2025, en hausse de 12 %. Ce financement contredit directement leurs engagements de neutralité carbone et contribue à l'aggravation du changement climatique, en contradiction avec les objectifs de l'Accord de Paris et les recommandations du GIEC.
- Comment les épargnants peuvent-ils vérifier si leur banque est vraiment verte ?
- Les épargnants devraient vérifier les exclusions sectorielles explicites (charbon, pétrole, gaz) et exiger des rapports d'impact audités de manière indépendante. Il faut se méfier des labels auto-déclarés qui ne garantissent pas un impact réel. Des organisations comme Finance Watch ou des initiatives comme l'ADEME fournissent des guides pour aider à évaluer les engagements climatiques des banques.
- Pourquoi les labels verts suisses ne sont-ils pas fiables ?
- Une étude de l'Université de Zurich (2025) montre que la corrélation entre les labels verts suisses et l'impact climatique réel est quasi nulle (r = 0,07). Ces labels reposent sur des critères laxistes, ne prévoient aucune exclusion sectorielle pour le pétrole et le gaz, et les vérifications externes sont insuffisantes, voire inexistantes. Ils créent une fausse sécurité chez les épargnants.
- Quelles sont les conséquences pour les épargnants français ?
- Les filiales françaises des banques suisses peuvent orienter l'épargne vers des circuits non conformes à la réglementation européenne (SFDR). Environ 68 % des Français souhaitent que leur banque investisse dans la transition écologique, mais la plupart ne vérifient pas les engagements réels. Les produits vendus en Suisse sont souvent moins exigeants que ceux vendus dans l'UE, même au sein de la même banque.
- Quelles sanctions sont prévues pour les banques qui pratiquent le greenwashing ?
- Actuellement, aucune sanction crédible n'est prévue en Suisse. La FINMA, le régulateur, n'a infligé qu'une amende symbolique de 2 millions de CHF en 2023, sur des dizaines de plaintes. En septembre 2026, aucune action réglementaire n'a été engagée contre les six banques visées par le rapport de Finance Watch. La régulation européenne SFDR impose des obligations plus strictes mais ne s'applique pas aux banques suisses.
Sources
- Finance Watch - Rapport sur les banques suisses (2026)
- GIEC - Sixième rapport d'évaluation (2023)
- Taxonomie de l'Union européenne
- SFDR - Sustainable Finance Disclosure Regulation
- ADEME - Étude sur la finance durable et les Français (2026)
- Institut de la finance durable (2026)
- University of Zurich - Étude sur les labels verts (2025)
- Swiss Sustainable Finance (2025)
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- Procurez-vous un livre de recettes pour débutantsLa confiance en cuisine, c'est 90 % du chemin.
- Invitez un(e) ami(e) pour un repas végétalLe changement culturel se propage à table.


