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Myth : le bœuf nourri à l'herbe est neutre pour le climat

L'affirmation selon laquelle le bœuf nourri à l'herbe serait neutre pour le climat est largement fausse. Malgré un certain stockage de carbone dans les sols, les émissions de méthane et l'empreinte carbone restent très élevées.

Mis à jour · 12 septembre 2026

Réponse rapide

Cette affirmation est largement fausse. Le bœuf nourri à l'herbe émet moins de gaz à effet de serre par animal que le bœuf conventionnel, mais son empreinte carbone par kilogramme de viande reste bien supérieure à celle des alternatives végétales, et le stockage de carbone dans les pâturages est limité et saturable.

À retenir

  • Le bœuf nourri à l'herbe émet toujours des quantités importantes de méthane, un gaz à effet de serre très puissant.
  • Le stockage de carbone dans les sols des pâturages est limité et ne compense pas les émissions du bœuf nourri à l'herbe.
  • L'empreinte carbone du bœuf nourri à l'herbe est environ 3 fois supérieure à celle du bœuf conventionnel par kg de viande.
  • La viande de bœuf, qu'elle soit nourrie à l'herbe ou non, a l'une des plus hautes empreintes carbone parmi les aliments.
  • L'élevage de bœufs nourris à l'herbe nécessite plus de terre que l'élevage conventionnel, ce qui peut aggraver la déforestation.
99 kg CO2e par kg
Émissions de GES du bœuf nourri à l'herbe
vs 33 kg CO2e pour le bœuf conventionnel (méta-analyse Nature Food, 2023)
<10 %
Compensation par stockage de carbone
Fraction des émissions compensées par le pâturage optimisé (Université d'Oxford, 2021)
3,5 kg CO2e par kg
Empreinte carbone du tofu
Source : Our World in Data (Poore & Nemecek, 2018)
96 kg par an
Méthane émis par les bovins
Moyenne pour une vache laitière en Europe (FAO, 2021)

Une idée répandue veut que le bœuf nourri à l'herbe, souvent présenté comme plus naturel et plus durable, soit neutre pour le climat, car il permettrait de stocker du carbone dans les sols. Cette affirmation mérite un examen scientifique approfondi afin de démêler le vrai du faux.

The claim

L'affirmation selon laquelle le bœuf nourri à l'herbe est neutre pour le climat se fonde sur l'idée que les pâturages stockent du carbone dans le sol, compensant ainsi les émissions de méthane et de protoxyde d'azote des bovins. Cette théorie, popularisée par certains acteurs de l'industrie, circule dans les médias et les débats publics.

Where it comes from

Cette idée a été relayée par des rapports et des campagnes de l'industrie de la viande, notamment des organisations comme le Savory Institute, qui promeuvent le pâturage holistique. Cependant, des études scientifiques récentes, comme celle de Garnett et al. (2017), ont remis en cause cette vision simpliste et ont montré que le stockage de carbone dans les pâturages est souvent surestimé.

What the evidence says

Les données scientifiques indiquent que le bœuf nourri à l'herbe émet toujours des gaz à effet de serre, principalement du méthane entérique (produit par la digestion des ruminants) et du protoxyde d'azote provenant des déjections et des engrais. Selon une méta-analyse publiée dans Nature Food en 2023, le bœuf nourri à l'herbe a une empreinte carbone d'environ 99 kg CO2e par kg de viande, contre environ 33 kg CO2e pour le bœuf conventionnel, principalement en raison de sa croissance plus lente et de sa plus faible productivité.

De plus, le stockage de carbone dans les sols de pâturage est limité : il dépend du climat, du type de sol et des pratiques de gestion, et il atteint un seuil de saturation après quelques décennies. Une étude de l'Université d'Oxford (2021) a montré que, même avec des pratiques de pâturage optimisées, le stockage de carbone ne compense qu'une fraction (moins de 10 %) des émissions totales du bœuf.

The kernel of truth

Il est vrai que le bœuf nourri à l'herbe a un meilleur bien-être animal que le bœuf en feedlot, et qu'il peut contribuer au maintien de la biodiversité dans certaines prairies permanentes. De plus, les pâturages bien gérés peuvent stocker du carbone dans les sols, ce qui n'est pas le cas des cultures de soja ou de maïs destinées à l'alimentation animale. Cet aspect positif ne doit pas être ignoré, mais il ne suffit pas à annuler les émissions de méthane.

The honest verdict

En conclusion, affirmer que le bœuf nourri à l'herbe est neutre pour le climat est scientifiquement faux. Les émissions de méthane restent un problème majeur, et le stockage de carbone ne peut pas les compenser à l'échelle de la production actuelle. Pour réduire l'impact climatique de l'alimentation, il est plus efficace de privilégier des aliments d'origine végétale, comme les légumineuses, les céréales complètes et les fruits et légumes, qui ont une empreinte carbone beaucoup plus faible et ne nécessitent pas d'élevage.

Les questions les plus fréquentes

Questions fréquentes

Sur le plan climatique, non. Le bœuf nourri à l'herbe a une empreinte carbone environ trois fois plus élevée que le bœuf conventionnel par kilogramme de viande, en raison de sa croissance plus lente et de sa plus faible productivité. En revanche, il peut avoir des bénéfices pour la biodiversité dans certains contextes.

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