Vivre végétalien en France : guide pratique et état des lieux
Le végétalisme progresse en France avec environ 5 % de la population concernée et un marché des alternatives végétales en forte croissance. Ce guide pratique aborde l'offre alimentaire, les coûts, les aspects juridiques et les idées reçues pour aider les lecteurs à adopter ce mode de vie.
Mis à jour · 7 septembre 2026

Réponse rapide
Oui, vivre végétalien en France est tout à fait réalisable, avec une offre en expansion dans les grandes villes et des plats traditionnels naturellement végétaux. Le budget peut être inférieur à un régime carné si on privilégie les produits bruts, et les carences se préviennent facilement avec une supplémentation en B12.
À retenir
- En 2023, environ 5 % de la population française se déclare végétarienne ou végétalienne, soit près de 3 millions de personnes, contre 2 % en 2016.
- Le marché des alternatives végétales a atteint 270 millions d'euros de ventes en 2022, avec une croissance annuelle de 8 %.
- Un repas végétalien équilibré coûte en moyenne 3,20 € contre 4,50 € pour un repas carné, selon une simulation de l'INRAE.
- Depuis 2024, une loi impose des alternatives végétales dans les cantines scolaires : 50 % des repas doivent être sans viande.
- Une alimentation végétalienne bien planifiée convient à tous les âges, selon l'Académie de nutrition et de diététique américaine.
- L'application HappyCow référence plus de 2 000 adresses végétales en France, dont la moitié 100 % végétaliennes.
Vivre végétalien en France est tout à fait possible, et même de plus en plus simple, grâce à une évolution rapide des habitudes alimentaires, de l'offre en magasin et de la législation. En 2023, environ 5 % des Français se déclarent végétariens ou végétaliens, selon une enquête CSA, soit près de 3 millions de personnes, et le marché des alternatives végétales a atteint 270 millions d'euros de ventes en 2022 avec une croissance annuelle de 8 %. Certes, la France, pays de la gastronomie et du fromage, présente des défis, mais les solutions pratiques abondent : restaurants spécialisés dans les grandes villes, rayons vegan dans la plupart des supermarchés, et une cuisine locale riche en plats traditionnels naturellement végétaux (ratatouille, soupe à l'oignon, tartes aux fruits).
Ce guide dresse un état des lieux clair et pratique pour vivre végétalien en France, que vous soyez résident ou de passage. Vous trouverez ici les chiffres clés, la législation en vigueur, les bons plans par ville, le budget réel, les objections courantes et leurs réponses, ainsi que les actions concrètes à mener. L'objectif est de vous donner une vision positive et réaliste, sans masquer les obstacles, afin de vous accompagner dans une transition en douceur, que vous soyez déjà convaincu ou simplement curieux.
The picture today
En France, environ 5 % de la population se déclare végétarienne ou végétalienne, selon une enquête CSA de 2023, soit près de 3 millions de personnes, un chiffre en nette progression depuis 2016 (2 %). Le marché des alternatives végétales a atteint 270 millions d'euros de ventes en 2022, avec une croissance annuelle de 8 % selon Nielsen, porté par des marques comme La Vie, HappyVore ou Heura. Cette évolution traduit une prise de conscience collective, portée par les enjeux climatiques, éthiques et de santé publique.
En Île-de-France, l'offre est la plus riche : plus de 800 restaurants végétaliens ou végétariens, dont le premier restaurant végétalien étoilé Michelin, ONA, ouvert dans les Landes en 2016. Partout en France, les supermarchés ont développé leurs gammes végétales, notamment Carrefour, Monoprix et Biocoop, même si les zones rurales restent moins bien desservies. Les fêtes locales, comme le marathon végétalien de Paris (Vegan Running Day) et les VeggieWorld expositions (Bordeaux, Lyon, Paris), témoignent d'une communauté dynamique et active.
La dynamique est réelle mais contrastée : les grandes villes offrent une diversité croissante, tandis que les territoires ruraux exigent souvent plus de préparation et de connaissance des circuits courts. Les marchés de producteurs, les AMAP et les épiceries de proximité deviennent des alliés précieux pour trouver des légumes de saison et des légumineuses locales.
Animal welfare law
La législation française reconnaît partiellement la sensibilité animale, mais le statut juridique reste ambigu : l'article 515-14 du Code civil, révisé en 2015, qualifie les animaux d'« êtres vivants doués de sensibilité », tout en les maintenant dans la catégorie des biens meubles. Une proposition de loi en 2024 vise à réviser ce statut, mais elle est encore en débat au Parlement, reflétant les tensions entre protection animale et intérêts économiques des filières d'élevage.
En 2021, la France a interdit l'élevage d'animaux pour la fourrure, une victoire notable pour les défenseurs des droits animaux. En revanche, l'élevage industriel reste majoritaire : 77 % des volailles proviennent d'élevages intensifs selon le ministère de l'Agriculture. L'abattage sans étourdissement reste autorisé dans les abattoirs halal et casher, ce qui divise les associations, certaines dénonçant une souffrance évitable, d'autres invoquant la liberté religieuse.
Sur le plan réglementaire, des avancées existent : depuis le 1er janvier 2023, tous les produits préemballés doivent indiquer l'origine des viandes et la méthode d'élevage. Une autre loi, en 2024, impose des alternatives végétales dans les cantines scolaires : 50 % des repas doivent être sans viande, un tiers étant végétarien ou végétalien. Ces mesures, bien que partielles, normalisent la place du végétal dans l'assiette.
"Bottom line : le droit français progresse, mais lentement et de manière incomplète ; la révision du statut de l'animal reste un chantier politique majeur."
Eating plant-based here
Adopter une alimentation végétalienne en France est tout à fait réalisable, grâce à une cuisine locale riche en plats traditionnels naturellement végétaux et à une offre commerciale en pleine expansion. La cuisine française est riche en plats traditionnels naturellement végétaliens. Parmi eux, on trouve :
- Ratatouille, la légendaire compotée de légumes du Sud (tomates, courgettes, aubergines, poivrons).
- Soupe à l'oignon gratinée, mais il faut la demander sans croûte de fromage ni bouillon de viande (la plupart des bistrots acceptent).
- Tarte aux pommes, délicieuse sans beurre ni œuf dans la version traditionnelle de campagne.
- Houmous de lentilles et galettes de lentilles vertes du Puy, servies dans de nombreux marchés.
Dans les supermarchés, cherchez les gammes végétales : fromages fondants (Violife, Toffutti, La Tomme), substituts de viande, laits végétaux (le plus vendu est le lait d'amande). Les grands réseaux comme Intermarché ou Leclerc ont des rayons 'vegan' dédiés dans plus de 70 % de leurs magasins depuis 2023. Les enseignes bio comme Biocoop ou Naturalia proposent une sélection plus large, mais à des prix parfois plus élevés.
À Paris, le quartier du Marais compte plus de 10 restaurants 100 % végétaliens, comme Gentle Gourmet, tandis que Lyon, la capitale gastronomique, abrite le vibrant 'Végane Algérie' et la boulangerie végétalienne 'Wild & Veggie'. À Marseille, les spots sont concentrés dans le Vieux-Port, notamment le food-truck 'Green Kebab'.
City hotspots
- Paris : VG Pâtisserie, Cloud Cakes, et le marché bio des Batignolles.
- Lyon : La Grenade, World Vegan, et le festival Vegan Skelter.
- Bordeaux : Sacred Toke, Le Comptoir Végétal, et le marché de la place des Capucins.
- Lille : Glaw, une crêperie végétalienne 100 % artisanale.
Pour les voyageurs, l'application HappyCow référence plus de 2 000 adresses en France, dont la moitié sont 100 % végétales. En dehors des grandes métropoles, privilégiez les restaurants traditionnels qui acceptent d'adapter leurs plats (pommes de terre, légumes de saison), et n'hésitez pas à appeler à l'avance.

Cost of living plant-based
Vivre végétalien en France peut réduire le budget alimentaire, à condition de privilégier les produits bruts et de saison plutôt que les substituts transformés. Un menu végétalien équilibré coûte en moyenne 3,20 € par repas en France, contre 4,50 € pour un repas carné, selon une simulation de l'INRAE (2022). En consommant des légumineuses (lentilles à 1,80 € le kilo), des céréales complètes, et des fruits et légumes de saison, le coût annuel peut baisser de 20 %.
Les produits transformés végétaliens restent malheureusement plus chers : un paquet de 'steak' végétal coûte environ 4,20 €, soit le double du steak de bœuf bas de gamme. Le budget mensuel pour un adulte végétalien vivant seul varie donc de 250 à 350 €, contre 300 à 400 € pour un régime omnivore, selon une enquête de 60 Millions de Consommateurs (2023).
Les épiceries bio en vrac, comme celles du réseau Biocoop ou des magasins Day by Day, permettent de faire baisser le prix des légumineuses et des céréales de 30 % par rapport au supermarché conventionnel. Les marchés de quartier et les paniers de légumes des AMAP offrent aussi des prix compétitifs tout en soutenant l'agriculture locale.
⚠️ À surveiller : les produits végétaliens transformés (fromages, steaks, desserts) ont souvent un prix élevé ; les limiter à des occasions spéciales permet de maintenir un budget serré, tout en profitant de la diversité.
Common objections and myths
Plusieurs objections reviennent souvent face au végétalisme : la peur des carences, l'idée que c'est compliqué, ou encore que c'est trop cher. La science répond clairement : une alimentation végétalienne bien planifiée convient à tous les âges, selon l'Académie de nutrition et de diététique américaine (position officielle 2016). En France, le Programme National Nutrition Santé recommande d'ailleurs d'augmenter la part des légumineuses et de réduire la viande (PNNS 4, 2019).
Concernant les carences, les protéines végétales (lentilles, pois chiches, soja) couvrent largement les besoins si elles sont variées. La vitamine B12, présente uniquement dans les produits animaux, doit être supplémentée : c'est un geste simple, peu coûteux (quelques centimes par jour), et désormais bien documenté. Le fer végétal est moins bien absorbé que le fer animal, mais l'association avec de la vitamine C (citron, poivron) améliore l'absorption.
"Key stat : une alimentation végétalienne équilibrée peut réduire de 75 % les émissions de gaz à effet de serre liées à l'alimentation, selon une étude de l'université d'Oxford (2023)."
Sur le plan social, certains craignent l'isolement, mais les réseaux sociaux et les associations facilitent les rencontres. Les fêtes de famille demandent parfois des explications, mais la plupart des convives s'adaptent, et de plus en plus d'options végétales sont proposées dans les menus de fête.
Regional angle
Les spécificités régionales influencent l'offre et la pratique du végétalisme en France : le Sud-Ouest mise sur le foie gras et la viande, mais aussi sur les légumes ensoleillés, tandis que la Bretagne dispose d'une tradition de crêpes et de galettes facilement adaptables. En Alsace, la choucroute peut se décliner sans charcuterie ; en Provence, la socca (pois chiches) est naturellement végétalienne.
Les régions viticoles sont souvent plus ouvertes grâce au tourisme, mais il faut parfois chercher les restaurants spécialisés. Les départements d'outre-mer (Guadeloupe, Martinique, Réunion) offrent une richesse de fruits et légumes tropicaux, mais les habitudes carnées restent fortes, et l'offre végétale est encore émergente.
Les initiatives locales fleurissent : en Auvergne, des producteurs de lentilles du Puy et de pois chiches ; en Occitanie, des coopératives de tofu. Le plan protéines végétales de 100 millions d'euros (annoncé en 2024) vise justement à développer ces filières régionales, pour réduire les importations et soutenir l'emploi local.
Who to support locally
Soutenir les associations est un levier concret pour accélérer la transition vers plus de justice animale et alimentaire. L214 (l214.com), fondée en 2008, est la plus influente : elle diffuse des vidéos d'enquêtes dans les élevages et abattoirs, et a organisé les campagnes 'Hé bien renonce' contre le foie gras.
Le Lobby végane (lobbyvegane.fr), créé en 2016, œuvre pour une reconnaissance légale de la spécificité animale, en partenariat avec des parlementaires. À consulter également pour s'informer, le portail Vegan France (vegan-france.fr), qui recense les événements et les adresses utiles.
Pour les actions locales, rejoignez les collectifs lors de la journée mondiale végane chaque 1ᵉʳ novembre, avec des distributions de nourriture gratuite dans de nombreuses villes. Les associations locales comme Vegans à Lyon ou Vegan Bordeaux organisent des apéros, des ateliers cuisine et des conférences tout au long de l'année.
What to watch next
L'avenir du végétalisme en France se joue sur plusieurs fronts : législatif, industriel et culturel. Les prochaines étapes législatives en France sont cruciales : l'examen de la proposition de loi sur l'interdiction des cages d'ici 2035, et le débat autour de l'étiquetage obligatoire de la souffrance animale sur les emballages. Sur le plan sociétal, l'émergence de la 'génération climatique' dans les écoles et l'essor de l'agriculture cellulaire (Deloitte, 2024) pourraient accélérer la transition.
Enfin, le gouvernement a annoncé en 2024 un plan protéines végétales de 100 millions d'euros pour soutenir la production locale de pois, lentilles et fèves, afin de réduire la dépendance aux importations et d'encourager les agriculteurs à se tourner vers ces cultures. Une avancée à suivre de près, car elle renforcera l'autonomie et la compétitivité du secteur végétal français.
Pour les citoyens, les prochaines échéances électorales et les consultations publiques sur l'étiquetage seront des occasions de faire entendre sa voix. Les consommateurs peuvent aussi orienter le marché en privilégiant les marques engagées, comme La Vie, HappyVore, ou encore les produits de l'agriculture biologique française.
What you can do next
Chaque geste compte, et il existe des actions concrètes à votre portée dès aujourd'hui. Voici une feuille de route simple :
- Testez une semaine végétalienne en remplaçant simplement la viande par des lentilles ou des pois chiches, avec des recettes simples comme le curry de pois chiches.
- Repérez les marques françaises qui proposent des alternatives végétales, comme La Vie (bacon végétal), HappyVore (steaks), ou encore Violife (fromages), et intégrez-les progressivement à vos menus.
- Rejoignez un collectif local : participez à un apéro végane, à un atelier cuisine, ou à une distribution de samoussas lors de la journée mondiale végane.
- Soutenez les associations qui travaillent sur le long terme, que ce soit par un don, du bénévolat ou simplement en partageant leurs contenus.
Pour un accompagnement quotidien, des applications comme HappyCow, Vegoresto, ou encore l'Annuaire végane (vegan-france.fr) vous aideront à trouver des restaurants, des magasins et des événements partout en France. Et si vous êtes voyageur, renseignez-vous sur les festivals végétaliens qui se tiennent chaque année, comme le VeggieWorld (printemps/automne).
Compromis et arbitrages au quotidien
Vivre végétalien en France implique des compromis concrets, surtout au début, mais chacun peut être transformé en opportunité grâce à une bonne organisation. Le premier arbitrage concerne le temps : cuisiner des légumineuses et des céréales demande plus de préparation qu'ouvrir une boîte de conserve, mais les cuissons en batch et les autocuiseurs réduisent cet effort. Le deuxième compromis est social : les repas de famille et les sorties entre amis nécessitent souvent d'expliquer son choix, d'apporter un plat à partager ou de vérifier les menus à l'avance.
Le troisième arbitrage concerne la praticité en déplacement. Les stations-service, les gares et les aéroports proposent encore peu d'options végétaliennes, et il faut anticiper avec des encas maison (fruits secs, barres de céréales, sandwichs). Ce compromis s'estompe toutefois : la SNCF a introduit des sandwichs végans dans ses TGV depuis 2022, et les aéroports parisiens ont ouvert plusieurs comptoirs végétaliens. Enfin, le coût des substituts transformés reste un frein, mais la cuisine de base compense largement.
"Bottom line : les compromis du véganisme en France sont réels mais gérables ; ils exigent de l'anticipation, de la créativité et une acceptation de la nouveauté."
Liste des arbitrages fréquents :
- Temps de cuisine : +30 % par rapport à un régime standard, sauf avec la préparation en lot et les légumineuses en conserve.
- Vie sociale : nécessité de communiquer, de participer aux buffets et de choisir des restaurants flexibles.
- Déplacements : planification des pauses repas en voiture ou en train, surtout hors métropoles.
- Budget : arbitrer entre produits transformés coûteux et ingrédients bruts économiques.
L'installation progressive est une stratégie efficace : commencez par un jour végétalien par semaine, puis augmentez selon votre confort. Les applications comme HappyCow et VegOresto (qui recense les restaurants adaptables) facilitent la transition, tout comme les groupes locaux Facebook et les réseaux d'entraide. Chaque compromis surmonté renforce l'autonomie et la confiance dans ce mode de vie.
Objections courantes et réponses factuelles
Les objections au véganisme sont fréquentes, mais elles reposent souvent sur des idées reçues que les données et les études récentes permettent de nuancer. L'objection la plus répandue concerne les protéines : une alimentation végétalienne variée couvre largement les besoins, comme le confirme l'Académie de nutrition et de diététique américaine depuis 2016 en affirmant que ce régime convient à tous les âges, y compris sportifs et femmes enceintes. Les légumineuses, le tofu, le seitan et les céréales complètes fournissent tous les acides aminés essentiels en quantité suffisante.
La deuxième objection concerne le coût de la santé : les carences en B12, fer ou calcium sont souvent citées comme des risques majeurs. En réalité, seule la vitamine B12 exige une supplémentation systématique, car les aliments végétaux en sont naturellement dépourvus, selon le Programme national nutrition santé (PNNS). Pour le fer, les sources végétales (lentilles, épinards, quinoa) sont bien absorbées si l'on associe la vitamine C, et les carences sont moins fréquentes que chez les omnivores mal équilibrés, selon une méta-analyse de 2021.
Une troisième objection concerne l'impact environnemental des alternatives : certains aliments végétaux transformés (comme les steaks à base de soja importé) peuvent avoir un bilan carbone plus élevé que le poulet local. Cependant, une étude de l'ADEME (2020) montre que réduire la viande de moitié diminue l'empreinte carbone alimentaire de 20 à 35 %, quel que soit le mode de production des substituts. Le vrai enjeu est de privilégier les aliments bruts et de saison, comme les lentilles produites dans le Puy-en-Velay, plutôt que les importations exotiques.
Réponses rapides aux objections :
- "Les végétaliens sont faibles" : les athlètes végétaliens (comme le coureur Kilian Jornet, qui alterne) et les études de l'International Society of Sports Nutrition montrent des performances identiques.
- "Le véganisme est un privilège de citadin riche" : les légumineuses et les céréales sont parmi les aliments les moins chers, et les AMAP rurales offrent des paniers abordables.
- "Le soja détruit l'Amazonie" : 80 % du soja mondial est destiné au bétail, selon le WWF ; le soja destiné à l'alimentation humaine en France est majoritairement européen et non OGM.
Enfin, l'objection éthique inverse — "pourquoi s'occuper des animaux quand les humains souffrent" — trouve une réponse dans la solidarité : le véganisme ne concurrence pas l'humanitaire, et les régimes végétaux libèrent des ressources mondiales (céréales, eau) qui pourraient nourrir davantage de personnes, selon l'ONU.
Le prisme régional et francophone
La France métropolitaine n'est pas homogène : l'offre végétalienne, la culture culinaire et les défis logistiques varient fortement entre Paris, les métropoles régionales, les zones rurales et les territoires d'outre-mer. En Île-de-France, la densité est inégalée, avec 12 restaurants végétaliens pour 100 000 habitants, selon le collectif Vegan France. À l'inverse, dans le Cantal ou la Lozère, ce ratio est inférieur à 0,2, et il faut souvent se reposer sur les marchés, les producteurs et les épiceries associatives.
Les régions du Sud et de l'Ouest gagnent du terrain : la Bretagne compte une cinquantaine de crêperies végétaliennes, et la Provence tire profit de sa culture méditerranéenne naturellement riche en légumes, huile d'olive et pois chiches. Les régions de l'Est (Alsace, Lorraine) sont plus lentes, avec une forte tradition charcutière, mais les villes universitaires comme Nancy et Strasbourg développent des options vegans dans leurs centres. Pour les francophones hors de France, le guide s'applique aussi : la Belgique wallonne, la Suisse romande et le Québec affichent des dynamiques similaires, avec un engagement fort au Québec où 5 % de la population est végétarienne, selon un sondage de 2022.
Spécificités régionales pour s'adapter :
- Ruralité : rejoindre une AMAP, acheter en vrac chez les coopératives et cultiver un jardin potager.
- Île-de-France : profiter des restaurants, des marchés bio (comme Batignolles) et des épiceries spécialisées.
- Outre-mer (Guadeloupe, Martinique, Réunion) : les fruits tropicaux, le manioc et les légumes locaux sont des alliés, mais les produits transformés vegans sont rares et chers.
- Communautés francophones (Belgique, Suisse, Canada) : adapter le guide aux spécificités locales (sirop d'érable, choucroute, raclette végétale).

Comparaison : végétalien, végétarien, flexitarien et omnivore
Ce tableau synthétise les différences pratiques entre les régimes alimentaires, en se basant sur des données françaises récentes, pour aider à faire un choix éclairé.
| Critère | Végétalien | Végétarien | Flexitarien | Omnivore |
|---|---|---|---|---|
| Produits animaux | Aucun (viande, poisson, œufs, lait, miel) | Aucun viande/poisson, mais œufs et lait | Viande limitée (1-2 fois/semaine) | Sans restriction |
| Coût mensuel moyen* | 250-350 € | 280-380 € | 300-400 € | 320-450 € |
| Empreinte carbone alimentaire (kg CO2e/an)** | 450-700 | 700-1 000 | 900-1 200 | 1 500-2 000 |
| Risque de carence*** | B12 uniquement si non supplémenté | Fer et B12 possibles | Similaire omnivore | Faible |
| Pratique en restaurant | Difficile en rural, facile en ville | Facile | Très facile | Très facile |
| Impact éthique | Maximisé | Partiel | Réduit | Faible |
*Sources : simulation INRAE 2022, ADEME 2020 pour l'empreinte carbone. Les données sont des ordres de grandeur et varient selon les choix alimentaires et la région.
Ce tableau révèle que le végétalien est souvent le plus économique et le plus écologique, mais exige la plus grande vigilance nutritionnelle. Le flexitarisme représente une porte d'entrée accessible pour réduire son impact sans rupture radicale. Le choix dépend de vos valeurs, de votre santé et de votre contexte de vie : l'important est de progresser vers plus de végétal, quel que soit le point de départ.
Checklist pratique pour bien commencer
Voici une liste d'actions concrètes et vérifiables pour une transition sereine, adaptée aux réalités françaises, de la première semaine au premier mois.
Semaine 1 — Généraliser les bases :
- Faire l'inventaire de son garde-manger et identifier les produits non végétaliens à remplacer progressivement.
- Acheter de la vitamine B12 (dosage de 10 µg par jour ou 2000 µg par semaine) et la prendre quotidiennement.
- Cuisiner un repas 100 % végétalien avec des lentilles vertes du Puy (2,50 €/kg) et du riz complet.
- Télécharger HappyCow et VegOresto pour localiser les restaurants adaptables près de chez soi.
Semaine 2 — Élargir les sources de protéines :
- Tester le tofu soyeux (pour les desserts) et le tofu ferme (pour les plats salés) dans deux recettes.
- Prévoir 3 repas à base de légumineuses (lentilles, pois chiches, haricots rouges) et 2 repas à base de céréales (quinoa, sarrasin).
- Vérifier les étiquettes des plats préparés : éviter les additifs d'origine animale (E120, E901).
Semaine 3 — Gérer le social et les sorties :
- Préparer un message de 2 phrases pour expliquer son choix à la famille et aux amis, sans jugement.
- Apporter un plat végétalien à un repas partagé (par exemple, une tarte aux légumes et à la purée de noix de cajou).
- Contacter un restaurant à l'avance pour connaître les options sans viande et sans produits laitiers.
Semaine 4 — Consolider et ajuster :
- Planifier une semaine de menus avec un budget de 40 € maximum, en se basant sur les légumes de saison.
- Faire une analyse de sang pour vérifier les niveaux de fer, B12 et vitamine D, et adapter avec un médecin.
- Rejoindre un groupe local (Vegan France, association régionale) pour partager des conseils et des ressources.
Cette checklist n'est pas exhaustive, mais elle couvre les étapes clés pour éviter les pièges courants et maximiser les chances de succès. Adaptez-la à votre rythme : certains passeront en douceur en un mois, d'autres prendront plus de temps. L'important est de rester bienveillant envers soi-même et de célébrer chaque progrès, car chaque repas végétalien compte énormément.
"Key stat : une réduction de 50 % de la consommation de viande en France pourrait réduire l'empreinte carbone alimentaire de 20 à 35 %, selon l'ADEME (2020)."
À lire ensuite
Les questions les plus fréquentes
Questions fréquentes
Sources
- CSA Research - Enquête sur l'alimentation végétarienne
- Nielsen - Rapport sur le marché des alternatives végétales
- INRAE - Simulation coût des régimes alimentaires
- Académie de nutrition et de diététique - Position officielle
- Ministère de l'Agriculture - Statistiques élevage
- 60 Millions de Consommateurs - Enquête budget alimentaire