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Corrida : ce qu’il faut savoir

La corrida est une pratique traditionnelle controversée, impliquant la souffrance et la mise à mort de taureaux dans des arènes, principalement en Espagne, en France et en Amérique latine. Face à des preuves scientifiques croissantes de la détresse animale et à une opposition publique grandissante, la corrida est de plus en plus remise en question, avec des interdictions progressives dans certaines régions.

Mis à jour · 16 septembre 2026

Taureau noir solitaire dans une arène vide, cape de torero au premier plan

Réponse rapide

La corrida est une mise à mort spectaculaire et ritualisée de taureaux, provoquant une souffrance intense et prolongée, documentée scientifiquement. Malgré sa défense comme tradition culturelle, la majorité des Espagnols s'y opposent (56 % selon le CIS, 2022) et des interdictions se multiplient, comme en Catalogne (2012).

À retenir

  • Un taureau de combat peut subir jusqu'à 25 minutes de harcèlement et de blessures avant d'être tué, selon CAS International (2020).
  • Des études vétérinaires (Applied Animal Behaviour Science, 2019) montrent une augmentation du cortisol et de la tachycardie dès l'entrée dans l'arène, signes de stress aigu.
  • En Espagne, 56 % de la population s'oppose à la corrida, tandis que seulement 19 % y est favorable (CIS, 2022).
  • En France, moins de 10 % des 35 000 communes pratiquent la corrida, et seulement 300 à 400 taureaux y sont tués chaque année.
  • La Catalogne a interdit la corrida en 2012, et les îles Canaries ne la pratiquent plus depuis 1991.
  • Les subventions publiques à la corrida en Espagne sont estimées à des millions d'euros, alors que moins de 10 % de la population y assiste (Université de Barcelone, 2021).
1 500 à 2 000
Statistiques officielles, 2023
25 minutes
CAS International, 2020
56 %
CIS, 2022
Moins de 10 %
Observatoire des corridas, 2022

La corrida est un spectacle où un taureau est blessé puis tué pour le divertissement, une pratique qui soulève des questions éthiques majeures sur la souffrance animale. Bien qu'elle soit présentée comme une tradition culturelle, les preuves scientifiques montrent que les taureaux subissent un stress et des blessures intenses avant de mourir, et le soutien public diminue fortement. Ce guide examine les faits, les chiffres et les actions possibles pour comprendre et, si vous le souhaitez, contribuer à son interdiction progressive.

La corrida n'est pas un mal nécessaire, mais un choix sociétal qui peut évoluer. Des régions entières l'ont déjà interdite, et des alternatives culturelles existent, sans cruauté. En vous informant et en agissant, vous participez à un débat qui redéfinit notre rapport aux animaux, aligné sur les valeurs de respect et de compassion prônées par KindEco.

Contexte historique et culturel

La corrida s'inscrit dans une histoire longue, codifiée en Espagne au XVIIIe siècle, mais ses racines plongent dans des pratiques antiques de combat avec des taureaux. Cette tradition s'est exportée dans le sud de la France, au Portugal, et en Amérique latine, où elle a pris des formes variées. Historiquement, elle était associée à la noblesse et à la fête, mais son évolution récente a été marquée par une contestation éthique croissante.

Les taureaux de combat sont élevés dans des conditions spécifiques, souvent en liberté dans de grands pâturages, mais leur vie est orientée vers un seul but : la sélection pour l'agressivité et la bravoure. Cette sélection, selon des éleveurs, vise à produire un animal qui attaque sans provocation, une caractéristique qui contraste avec le comportement naturel des bovins. Des éthologues soulignent que cette sélection artificielle aggrave la détresse de l'animal en situation de combat.

La dimension culturelle est souvent invoquée comme justification, avec des références à des artistes comme Goya ou Picasso, qui ont représenté la corrida. Cependant, cette justification est de plus en plus contestée, car elle ne répond pas aux questions éthiques fondamentales sur la souffrance animale. Selon une étude de l'université de Cordoue, 2021, l'attachement à la corrida est principalement lié à l'identité locale plutôt qu'à une appréciation esthétique ou artistique.

Les preuves scientifiques de la souffrance

Les recherches vétérinaires et éthologiques documentent une souffrance intense et prolongée chez les taureaux de combat. Des études, comme celle publiée dans la revue Applied Animal Behaviour Science, 2019, montrent que les taureaux présentent des signes de stress aigu (augmentation du cortisol, tachycardie) dès leur entrée dans l'arène. Les blessures infligées, notamment par les piques et les banderilles, causent des lésions profondes qui ne sont pas traitées avant la mort.

Selon un rapport de l'ONG CAS International, 2020, un taureau peut subir jusqu'à 25 minutes de harcèlement et de blessures avant l'estocade finale. Les vétérinaires indépendants ont documenté des fractures, des hémorragies internes et des détresses respiratoires pendant le spectacle. Ces constats contredisent l'argument des défenseurs selon lequel le taureau ne souffre pas en raison de son seuil de douleur élevé.

Des éthologues, comme le professeur Temple Grandin, spécialiste du comportement animal, rappellent que les bovins sont des êtres sensibles, capables de ressentir la douleur et la peur de manière similaire aux humains. Cette sensibilité est reconnue par la législation européenne, qui exige que les animaux soient protégés contre la douleur évitable, mais la corrida bénéficie souvent d'exemptions culturelles.

Comment fonctionne une corrida en pratique

Une corrida se déroule selon un rituel strict, divisé en trois actes (tercios). Le premier acte, le tercio de varas, voit le taureau affronter des picadors à cheval qui plantent des piques dans son cou pour affaiblir ses muscles. Le deuxième acte, le tercio de banderillas, implique la plantation de banderilles (bâtons avec des harpons) dans le dos de l'animal pour l'irriter et le fatiguer davantage.

Le troisième acte, le tercio de muerte, est le moment où le torero utilise une épée pour tenter une estocade, une lance visant à atteindre le cœur ou les poumons. Si l'animal n'est pas tué immédiatement, des coups de grâce sont administrés pour achever l'animal, mais cela peut prendre plusieurs minutes. Cette méthode, selon des observateurs, vise à produire un spectacle spectaculaire, mais elle maximise la souffrance de l'animal.

En France, la pratique est similaire, mais des variantes comme la corrida portugaise (sans mise à mort publique) existent. Cependant, même dans ces formes, les taureaux sont blessés et peuvent être tués hors de l'arène après le spectacle, selon des rapports de la Fondation Brigitte Bardot, 2022. Les toreros sont formés pendant des années dans des écoles taurines, perpétuant une tradition qui dépend de la souffrance animale.

Les chiffres clés

AspectDonnéesSource
Taureaux tués en Espagne (annuel)1 500 à 2 000Statistiques officielles, 2023
Taureaux tués en France (annuel)300 à 400Associations anti-corrida, 2023
Durée moyenne d'une corrida20 minutes (15-25 de souffrance)CAS International, 2020
Villes françaises pratiquant la corridaMoins de 10 % (sur 35 000)Observatoire des corridas, 2022
Soutien à la corrida en Espagne (2022)19 % favorable, 56 % opposéeCIS, 2022
Interdictions en CatalogneDepuis 2012Législation catalane

"Key stat" : Selon le CIS, 2022, plus de la moitié de la population espagnole (56 %) s'oppose à la corrida, un chiffre qui a doublé en deux décennies, montrant une évolution significative des valeurs sociétales.

Les coûts et compromis économiques

La corrida a un impact économique non négligeable, mais il est souvent surestimé par ses défenseurs. En Espagne, le secteur taurin génère, selon des estimations du ministère de la Culture, environ 1,5 milliard d'euros par an, mais ce chiffre inclut des activités annexes (tourisme, presse) et est contesté par des économistes indépendants. Selon une étude de l'université de Barcelone, 2021, les subventions publiques aux corridas s'élèvent à des millions d'euros, alors que moins de 10 % de la population y assiste.

En France, les villes qui organisent des corridas, comme Nîmes ou Arles, investissent dans les arènes et les événements, mais les retombées économiques sont concentrées sur quelques jours. Des alternatives comme des festivals culturels sans animaux pourraient générer des revenus équivalents, selon des études de cas à Pampelune, où la fête de San Fermín attire des touristes pour d'autres aspects que les courses. Cependant, la transition reste politiquement difficile en raison de l'attachement local à la tradition.

Les coûts cachés incluent les dépenses pour l'élevage des taureaux de combat, qui sont maintenus en vie pour des années, consommant des ressources significatives. Des associations, comme PETA, 2023, soulignent que ces fonds pourraient être redirigés vers des programmes de conservation ou d'éducation. Le compromis est donc entre une pratique culturelle minoritaire et des principes éthiques modernes qui privilégient le bien-être animal.

Objections courantes et réponses

Objection : "La corrida est une tradition culturelle à préserver." Réponse : Les traditions évoluent ; l'esclavage et les combats de coqs étaient aussi des traditions. Selon une enquête de l'Unesco, 2021, la corrida n'est pas reconnue comme patrimoine immatériel, contrairement à certains spectacles avec animaux, et sa suppression en Catalogne n'a pas entraîné de perte culturelle majeure.

Objection : "Le taureau de combat vit mieux que les bovins d'élevage." Réponse : Bien que les taureaux de combat vivent dans de grands pâturages, leur vie est orientée vers une mort violente et prématurée. Des éthologues, comme le Dr. Donald Broom, 2020, notent que la qualité de vie avant la mort ne compense pas la souffrance intense du spectacle.

Objection : "Sans corrida, des emplois seront perdus." Réponse : Le nombre d'emplois directs dans la tauromachie est limité (environ 200 000 en Espagne, mais souvent saisonniers et précaires). Des programmes de reconversion sont possibles, comme le montrent des initiatives en Équateur, où l'interdiction partielle a conduit à des reconversions vers le tourisme durable.

Perspective régionale et comparée

En Espagne et en France

En Espagne, la corrida est légale dans la plupart des régions, mais la Catalogne l'a interdite en 2012, et les îles Canaries ne la pratiquent plus depuis 1991. En France, la corrida est autorisée dans les départements du Sud où elle est considérée comme une tradition locale ininterrompue, conformément à l'article 521-1 du code pénal. Des villes comme Bordeaux ont interdit la corrida, mais des débats persistent dans d'autres régions.

Au Portugal et en Amérique latine

Au Portugal, la corrida est légale, mais la mise à mort est interdite dans l'arène ; cependant, les taureaux sont tués ensuite, selon des rapports de l'IFAW, 2023. En Amérique latine, le Mexique a vu des États comme Sonora interdire la corrida en 2023, tandis que l'Équateur a une interdiction fluctuante. L'Uruguay a interdit la corrida depuis 1915, avec un soutien public quasi unanime, selon des sondages nationaux de 2020.

"Bottom line" : La tendance globale est à une diminution de la corrida, avec des interdictions progressives et une baisse du soutien public, mais des résistances subsistent dans des régions où elle est ancrée culturellement.

Ce que vous pouvez faire concrètement

  • S'engager localement : Vérifiez si votre ville organise des corridas et participez aux conseils municipaux pour demander une délibération sur leur interdiction. Selon l'Alliance Anticorrida, 2023, des pétitions locales ont conduit à des interdictions dans 30 villes françaises.
  • Soutenir des alternatives : Promouvez des spectacles sans animaux, comme des défilés ou des courses de vachette sans mise à mort, qui existent déjà dans certaines régions et sont populaires, selon des études de fréquentation de l'observatoire du tourisme, 2022.
  • Diffuser l'information : Partagez des documentaires et des rapports d'ONG (comme CAS International ou la Fondation Brigitte Bardot) pour sensibiliser votre entourage aux réalités de la corrida.
  • Choisir ses investissements : Évitez de soutenir financièrement des sponsors ou des médias qui diffusent des corridas, et privilégiez des marques éthiques, selon des recommandations de l'IFAW, 2023.
  • Consommer de manière responsable : Si vous voyagez dans des régions taurines, choisissez des événements culturels alternatifs et signalez aux offices de tourisme votre préférence pour des activités sans animaux.

Œil de taureau en gros plan exprimant stress et peur Œil de taureau en gros plan exprimant stress et peur

Conclusion : vers un avenir sans corrida ?

La corrida est une pratique en déclin, tant en termes de soutien public que de légalité, mais sa suppression complète reste un défi politique. Les preuves de la souffrance animale sont accablantes, et les valeurs éthiques modernes favorisent de plus en plus le respect des animaux. Le chemin vers l'interdiction passe par l'éducation, l'engagement citoyen et la promotion d'alternatives culturelles, comme le montrent les exemples de la Catalogne et de l'Uruguay.

La transition est possible, mais elle nécessite une volonté collective de repenser les traditions. Les défenseurs de la corrida peuvent être invités à des dialogues constructifs, mais la priorité doit rester le bien-être des taureaux. Selon un rapport de l'OMS, 2021, les sociétés qui évoluent vers plus d'empathie envers les animaux voient aussi des bénéfices pour la santé publique et la cohésion sociale.

En fin de compte, le choix est clair : perpétuer une pratique qui inflige une souffrance évitable ou embrasser une culture qui respecte tous les êtres vivants. Les lecteurs de KindEco sont invités à agir, en s'informant et en s'engageant, pour construire un monde plus doux et plus juste.

Les compromis et le coût de l'inaction

Les compromis économiques de la corrida doivent être mis en perspective avec le coût social et éthique de son maintien. Selon une étude de l'université de Barcelone, 2021, les subventions publiques atteignent des millions d'euros chaque année, tandis que le taux de fréquentation des arènes continue de baisser dans la plupart des régions. Ce déséquilibre soulève une question centrale : à qui profite réellement ce spectacle financé par les contribuables ?

Les défenseurs de la corrida avancent souvent que son interdiction entraînerait des pertes d'emplois significatives. Cependant, selon un rapport du ministère espagnol de la Culture, 2020, le secteur taurin n'emploie directement que 10 000 à 15 000 personnes à temps plein, un chiffre modeste comparé aux 200 000 emplois dans l'élevage bovin conventionnel. Les économistes indépendants soulignent que ces emplois pourraient être convertis vers des activités touristiques culturelles, patrimoniales ou agricoles alternatives, avec un accompagnement social adapté.

Le coût de l'inaction est triple : éthique pour les animaux, budgétaire pour les municipalités, et réputationnel pour des villes qui souhaitent attirer un tourisme familial et responsable. Selon une enquête de l'Ifop, 2023, 74 % des Français se déclarent opposés à la corrida, et ce chiffre monte à 82 % chez les moins de 35 ans. Les villes qui maintiennent cet événement s'exposent à une image vieillissante et à une contestation croissante, sans bénéfice économique clair.

Banderilles colorées plantées sur un mur en bois, arène floue en arrière-plan Banderilles colorées plantées sur un mur en bois, arène floue en arrière-plan

Les objections courantes et comment y répondre

L'objection la plus répandue est que la corrida est une tradition protégée par la liberté culturelle, un argument avancé par les fédérations taurines lors des débats publics. En réalité, selon une étude de l'université de Cordoue, 2021, seuls 8 % des Espagnols citent la valeur artistique comme principale raison de soutenir la corrida ; les autres évoquent l'habitude ou l'identité. Les traditions évoluent, comme le montre l'interdiction en Catalogne depuis 2012, où la société a choisi de privilégier d'autres expressions culturelles.

Une autre objection fréquente prétend que la corrida est plus humaine que l'abattage industriel, car le taureau vit en liberté avant le combat. Cette comparaison est trompeuse : selon le rapport CAS International, 2020, la souffrance en corrida est intentionnelle et prolongée, alors que l'abattage réglementé vise à minimiser la douleur. De plus, selon le droit européen, la protection des animaux dans l'élevage et le transport est encadrée, tandis que la corrida bénéficie d'exemptions au titre de la dérogation culturelle prévue à l'article 13 du TFUE.

Enfin, certains affirment que la corrida participe à la conservation de la race brave, adaptée à un élevage extensif bénéfique à la biodiversité. À ceci, les écologues répondent que la conservation d'une race ne justifie pas sa mise à mort ritualisée, et que d'autres races bovines menacées sont préservées sans souffrance. Le professeur Temple Grandin recommande, selon ses écrits de 2019, de séparer conservation et spectacle : on peut élever des taureaux sans les torturer au nom d'une prétendue tradition.

L'angle régional pour les lecteurs francophones

Dans le sud de la France, la corrida est ancrée dans plusieurs villes du sud-ouest et de la région méditerranéenne, notamment Nîmes, Arles, Bayonne et Mont-de-Marsan. Selon l'Observatoire des corridas, 2023, ces villes représentent environ 10 % des communes françaises, mais concentrent l'essentiel des événements taurins, avec des arènes historiques construites au XIXe siècle. Les départements concernés sont les Bouches-du-Rhône, le Gard, les Landes, les Pyrénées-Atlantiques et le Gers, où la pression culturelle reste forte.

En Belgique, en Suisse et au Québec, la corrida est interdite ou n'a jamais été pratiquée, et l'opinion publique y est massivement opposée, selon un sondage Ipsos, 2022, avec 89 % de rejet. En France, la réponse est apportée par des collectifs comme l'Alliance Anticorrida ou le CRAC Europe, qui militent pour une interdiction nationale, soutenus par des personnalités comme Brigitte Bardot ou des intellectuels. Des municipalités ont pris des initiatives : par exemple, certaines communes votent des motions contre la corrida sans l'interdire immédiatement, créant un débat local progressif.

La dimension régionale inclut aussi le monde des éleveurs taurins, majoritairement situés en Andalousie et en Camargue française. Selon le ministère espagnol de l'Agriculture, 2022, l'élevage de taureaux de combat représente moins de 1 % du cheptel bovin national, mais bénéficie de subventions PAC disproportionnées. Pour les éleveurs camarguais, la transition vers l'éco-pâturage ou la production de viande conventionnelle pourrait maintenir les paysages tout en respectant le bien-être animal.

Tableau comparatif : corrida vs alternatives sans souffrance

CritèreCorrida traditionnelleAlternative culturelle sans animauxÉlevage conventionnel éthique
Souffrance animaleÉlevée et prolongéeAucuneMinimisée (si respect des normes)
Coût publicSubventions élevéesInvestissements partagésRentable sans subvention taurine
Marché touristiqueTourisme de niche, vieillissantFamilial, éco-responsableValorisation du terroir
Emplois créés10 000-15 000 (Espagne)Comparable avec diversificationPlus élevé (filière complète)
Acceptabilité sociale (FR)18 % soutiennent (Ifop, 2023)78 % favorables (Ifop, 2023)85 % sans opposition
Risque de déclinProbable à moyen termeDurable et croissantStable selon les marchés

Ce tableau synthétique révèle que les alternatives ne sont pas seulement éthiques, mais aussi économiquement plausibles et socialement mieux acceptées. Les collectivités qui investissent dans des festivals de musique, des fêtes traditionnelles sans animaux, ou des visites d'élevages pédagogiques peuvent maintenir un lien culturel sans violence. Selon l'étude de cas de Pampelune, 2021, la fête attire 30 % des touristes pour les courses mais 70 % pour l'ambiance et le patrimoine, un modèle réplicable.

Liste pratique de ce que vous pouvez faire

  • S'informer et partager : consultez des rapports vétérinaires comme ceux de CAS International, 2020, et partagez-les en famille pour déconstruire les idées reçues sur la douleur animale.
  • 🌱 Soutenir une association locale : adhérez à l'Alliance Anticorrida ou au CRAC Europe, qui interviennent dans les écoles et auprès des élus pour diffuser des données objectives.
  • 📉 Boycotter les événements taurins : refusez d'acheter des billets ou de participer aux corridas lors des férias, et expliquez votre décision autour de vous.
  • ♻️ Désinvestir le tourisme taurin : choisissez des destinations qui favorisent des expressions culturelles sans animaux, et écrivez aux offices du tourisme locaux.
  • ⚠️ Interpeller vos maires : si votre commune organise des corridas, demandez un débat public avec des vétérinaires indépendants, des éthologues et des économistes.
  • 🌱 Encourager les alternatives : participez à des festivals ou fêtes de village qui mettent en valeur la musique, la gastronomie et le patrimoine sans violenter les taureaux.

Le mot de la fin : une transition possible et nécessaire

La corrida n'est pas une fatalité culturelle ; elle est le produit d'une histoire que chaque génération peut réécrire. Selon un rapport de la Commission européenne, 2022, les législations nationales peuvent interdire les pratiques cruelles sans menacer les traditions, comme l'ont prouvé la Catalogne depuis 2012 et plusieurs villes mexicaines. La transition doit être progressive, respectueuse des éleveurs et des travailleurs, mais elle doit se faire, car les valeurs de notre siècle rejettent la torture spectacle.

Le débat est mûr : les données scientifiques, l'opinion publique et même les marchés convergent vers un avenir sans corrida. La France, en tant que pays francophone majoritaire, peut montrer l'exemple, non pas en imposant, mais en proposant des modèles alternatifs. Chaque lecteur a un rôle, que ce soit en voter, en consommant ou en débattant, et les petites actions collectives créent des ondes transformatrices. L'avenir de la tauromachie dépend de nous, mais notre humanité ne doit plus dépendre d'elle.

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